Politique

Les partenaires saluent les efforts de bonne gouvernance de la Mauritanie

Bruxelles,  22/06/2010
Le premier ministre Dr Moulaye Ould Mohamed Laghdaf a donné mardi matin le coup d'envoi des travaux de la table ronde pour la Mauritanie.
A cette occasion, le Premier ministre a prononcé un discours dans lequel il a souligné que la table ronde se tient à un moment crucial de l'histoire de la Mauritanie et que le peuple mauritanien porte de grands espoirs sur cette rencontre.
Lui succédant, M Christian Lefler, représentant de la Commission Européenne, c'est l'événement officiel depuis la reprise des relations de la Mauritanie avec ses partenaires. Il s'est réjoui de ce que les partenaires se soient tous réunis aujourd'hui pour accompagner la Mauritanie dans ses efforts pour consolider la démocratie, améliorer la gouvernance et faire avancer le développement économique et social du pays.
La Commission européenne dit-il, est consciente que le processus des réformes est bien engagé, mais que beaucoup d'efforts doivent encore être accomplis pour permettre à la Mauritanie de continuer à progresser sur la voie de la bonne gouvernance tout en améliorant la compétitivité et le dynamisme de son économie et, surtout, les conditions de vie de ses citoyens.
C'est justement en pleine conscience de ces défis que l'Union européenne, a décidé il y a environ six mois de pleinement rétablir sa coopération avec la Mauritanie, après la crise de 2008 - 2009 a-t-il ajouté.
M. Christian s'est ensuite félicité que la reprise des relations ait pu se concrétiser dans la première réunion du dialogue politique dans le cadre de l'Article 8 de l'Accord de Cotonou, qui s'est tenue le 7 juin à Nouakchott. L'UE espère que ce dialogue pourra être régulier et franc et que des questions importantes d'intérêt politique mutuel pourront y être abordées.
Nous sommes conscients que la Mauritanie a besoin du soutien de ses partenaires, pour qu'elle puisse remplir les engagements et les objectifs qu'elle s'est fixée dans des différents domaines soulignant toutefois, que les objectifs de cette Table Ronde sont différents de ceux que pourrait avoir un Groupe Consultatif. Il a noté que les partenaires ne sont pas réunis seulement pour exprimer leur soutien aux différents projets de développement du pays ou de répondre au programme d'investissement du Gouvernement. Nous sommes aussi réunis, a-t-il fait remarquer, pour discuter avec la Mauritanie de questions politiques et de gouvernance, qui ont été à la base des crises institutionnelles des dernières années dans le but d'aider la Mauritanie à en éviter la résurgence. A cet égard, selon lui, le Dialogue inclusif national et les réformes institutionnelles préconisées par l'Accord de Dakar sont un point important d'échange. Il a émis le souhait d'échanger sur les nouveaux défis sécuritaires de la Mauritanie et dans l'ensemble de la région du Sahel.
Bien sûr la participation des représentants de la société civile et du Parlement Mauritanien à ces débats représente un facteur d'enrichissement de cette Rencontre et nous félicitons le Gouvernement pour ce choix d'ouverture.
L'agenda pour ces deux jours est très chargé. Aujourd'hui nous discuterons des secteurs stratégiques pour l'économie mauritanienne et de l'état d'avancement des différentes réformes clés, notamment en matière de gestion des finances publiques, de transports, d'éducation etc.

Le Gouvernement présentera les Opportunités d'investissement dans différents secteurs. Nous nous pencherons sur les progrès vers un nouveau Cadre Stratégique de Lutte contre la Pauvreté pour la période 2011-2015 et discuterons des progrès et des besoins du pays pour atteindre les objectifs du Millénaire pour le Développement devait il mentionner en substance.
La journée de demain sera, a indiqué M. Christian, consacrée aux thèmes esquissés tels que la situation géopolitique de la Mauritanie et le rôle que le pays joue et peut jouer en ce qui concerne la sécurité et le développement dans la région du Sahel.
Il s'est réjoui également que les engagements en matière de bonne gouvernance souscrits en juin 2008 et puis en mars 2010 avec l'Union européenne seront présentés demain à tous les partenaires. Pour rendre la mise en oeuvre de ces engagements plus réalisable, il serait important d'en discuter les fondements et d'en envisager un calendrier de mise en oeuvre. Il va de soi dit-il, que des engagements au niveau du budget de l'Etat seront aussi importants que l'appui de l'UE pour permettre de consolider ces acquis.
La Commission européenne entend continuer à apporter son soutien dans les domaines de la justice, de la décentralisation et sera particulièrement attentive à la question de l'amélioration de la gestion des finances publiques et au renforcement des capacités institutionnelles.
Pour M. Christian Lefler, l'Union européenne est disposée à soutenir les efforts de la Mauritanie tant à travers son dialogue politique qu'à travers sa coopération. J'invite tous les partenaires de la Mauritanie à faire preuve d'ouverture et de solidarité pour aider la Mauritanie à saisir les nombreuses opportunités dont elle dispose.
La représentante du FMI Mme Patricia Alonso Gamo a dit que deux ans se sont écoulés depuis la réunion du groupe consultatif en décembre, 2007. Entre-temps dit-il, la Mauritanie a fait face en 2008 et 2009, à de multiples chocs exogènes qui, conjugués à une crise politique interne, ont significativement affecté la stabilité macroéconomique et entraîné une contraction de la production.
Dès la normalisation des relations entre la Mauritanie et ses partenaires au développement, une équipe du FMI s'est rendue à Nouakchott pour rétablir le dialogue avec les autorités. Ces négociations ont abouti dans des délais relativement courts, à un nouveau programme au titre de la nouvelle facilité élargie d'un montant sans précédent de 118 millions de dollars, équivalent à 120 pour cent de la quote part de la Mauritanie.
Elle a en outre souligné que les données économiques et financières disponibles à ce jour, indiquent que l'économie mauritanienne est entrée depuis quelques mois dans une phase de reprise, comme en témoignent la hausse de la production et des prix du fer, l'augmentation du crédit au secteur privé et le bon comportement des exportations.
C'est ainsi, selon elle, que les objectifs, à la fois quantitatifs et qualitatifs et structurels convenus pour la fin mars 2010 ont tous été atteints. Ceci constitue une opportunité idoine pour accélérer les projets d'infrastructures et les réformes institutionnelles et structurelles nécessaires pour mettre l'économie sur le sentier d'une croissance forte, durable et plus équitable, Elle a fait remarquer que 42 pour cent de la population vit en deça du seuil de pauvreté, les indicateurs sociaux restant encore loin des objectifs du millénaire.
Dans ce contexte, a t-elle soutenu, le rôle des bailleurs de fonds revêt une importance cruciale et leur contribution sera déterminante pour la réalisation du programme ambitieux d'investissement publics qui vise à réduire les insuffisances en infrastructures de base dans le domaine social.
Elle a enfin assuré la disponibilité du FMI a travailler de concert aussi bien avec les autorités que les bailleurs de fonds en faveur d"un développement fort et durable de la Mauritanie.
Pour le représentant du Royaume du Maroc, M. Azoum, cette table ronde fait suite à celle de 2007 tenue à Paris. Il s'agit maintenant dit-il, d'évaluer les résultats de ces assises et d'engager les nouveaux projets économiques et sociaux de la Mauritanie. Il s'est félicité des efforts consentis par, la, Mauritanie en matière de bonne gouvernance. Plusieurs, mesures ont été prises par le gouvernement mauritanien pour réduire la pauvreté. Nous sommes dit-il, satisfait que la Mauritanie ait retrouvé une vie constitutionnelle normale. Il a remercié les autorités mauritaniennes pour les efforts fournis dans le domaine de la lutte contre l'émigration clandestine et s'est dit inquiet des menaces terroristes qui menacent toute la sous région. Une menace selon lui qui ne peut être jugulée que par la solidarité entre tous ces pays. Il faudrait, pour cela, une harmonisation entre tous les pays.
Le développement dit-il, est le meilleur moyen pour venir à bout de tous ces problèmes sécuritaires. Cette table ronde, a t-il souligné, doit permettre de consentir une aide consistante à la Mauritanie pour garantir sa stabilité et son développement durable et global.
Le Roi Mohamed VI a, rappelle t-il, a demandé de toujours oeuvrer afin d'exonérer la Mauritanie des dettes qu'elle doit au Maroc.
Il a enfin affirmé que le royaume du Maroc est disposé à faire bénéficier la Mauritanie de toute son expérience dans tous les domaines économiques et sociaux de la navigation, dans l'intérêt bien compris de nos deux peuples frères. Il, a souhaité que cette tribune soit une occasion pour traduire dans les fait l'aide que les partenaires entendent consentir à la Mauritanie.
Quant au représentant de la Libye M Mohamed Tahar Hamouda Sayala, il a noté que son pays est un partenaire réel de la Mauritanie en matière de développement et d’investissement. Depuis l'accession du président Mohamed Ould Abdel Aziz, nous n'avons cessé d'apporter une aide considérable à la Mauritanie dans le domaine des infrastructures.
La Mauritanie a t-il soutenu, a réalisé beaucoup de progrès en termes de réformes, de gouvernance financière, d'établissement d'une nouvelle législation notamment le nouveau code d'investissement.
Il a noté que son pays est disposé à aider la Mauritanie dans la réalisation d'infrastructures médicales dans les zones rurales et dans le domaine hydraulique. Il s'est dit prêt à aider la Mauritanie dans le domaine de la création d'emplois, de la pèche du tourisme, de l'agriculture, de la communication et de l'énergie. La Libye va également construire un hôtel 5 étoiles Nouakchott.
Après ces discours, la délégation mauritanienne a introduit plusieurs communications notamment la présentation du projet de stratégie nationale de lutte contre la pauvreté qui a suscité un intérêt particulier de la part de partenaires au développement.
A son tour, le directeur général du Fond monétaire arabe, M. Jassem Manai s'est dit heureux de prendre part à cette table ronde. Il a noté que le FMA aide la Mauritanie dans divers domaines comme les finances, la formation.
Le FMA a-t-il ajouté, a aidé la Mauritanie en 2009 dans le cadre des finances publiques. Il indiqué en outre que de fonctionnaires du ministère des finances et de la Banque Centrale de Mauritanie ont bénéficié de formation régulière de la part des instituts du FMA.
Il s'est félicité des efforts fournis par la Mauritanie pour limiter les effets de la crise économique mondiale. Il a encouragé la Mauritanie à poursuivre les réformes nécessaires pour mieux faire face aux défis économiques auxquels elle est confrontée.
M. Jassem Al Manaa a promis enfin qu'il ne ménagera aucun effort pour que son institution apporte l'aide dont la Mauritanie a besoin pour assurer son développement.
Dernière modification : 22/06/2010 17:00:00