Activités gouvernementales

Retour à Nouakchott du ministre des Affaires étrangères en provenance de Kigali

Nouakchott,  28/10/2021
Le ministre des Affaires étrangères, de la Coopération et des Mauritaniens de l'Extérieur, M. Ismaël Ould Cheikh Ahmed, a regagné la capitale mercredi soir en provenance de Kigali (Rwanda), après avoir participé à la deuxième réunion ministérielle entre l'Union africaine et l'Union européenne, qui s’est tenue dans la capitale rwandaise, Kigali, les 25 et 26 de ce mois.

Au cours de la réunion ministérielle, le ministre a prononcé un discours il a évoqué les écarts en matière d’accessibilité des pays au vaccin anti-covid et aux soins intensifs.

S’agissant de la Cop26 sur les changements climatiques, le ministre a souhaité que le Sommet de Glasgow qui s’ouvre dans quelques jours soit l’occasion d’un vrai sursaut en faveur du continent africain qui est paradoxalement le plus faible contributeur au réchauffement mondial et n’en subit pas moins les plus graves conséquences.

Voici le texte intégral de ce discours:

«Excellences, Mesdames et Messieurs,

Permettez-moi tout d’abord de remercier mon homologue et frère Vincent Birrouta, Ministre des Affaires Étrangères du Rwanda, ainsi que son gouvernement pour la qualité de l’accueil et pour l’hospitalité bien africaine dont nous sommes entourés depuis notre arrivée dans cette belle ville de Kigali.

Je salue la présence comme coprésident de cette réunion ministérielle de mon ami Joseppe Borrell, Haut Représentant pour la Politique Étrangère et la Sécurité et VP de la Commission de l’UE. Je salue en particulier son leadership et son amitié sincère pour l’Afrique; et son engagement personnel en faveur des pays du G5 Sahel.

Mon propos, qui sera bref, va s’articuler autour de trois sujets qui sont au cœur des défis de notre future coopération UA–UE:

La crise du Covid19:

Cette crise sanitaire a mis à nu toutes les injustices d’une inégalité inhérente au monde d’aujourd’hui. Ces injustices se sont révélées au grand jour dans l’énorme écart dans l’accès aux soins intensifs; dans l’accès aux vaccins ; et enfin, aujourd’hui, dans les discussions sur un éventuel décollage économique tant attendu.

L’Afrique, partenaire essentiel et voisin de l’Europe, ne pourra pas bénéficier de ce décollage économique si des conditions minimales ne lui sont pas accordées, avec le soutien surtout de ses partenaires européens. Il faut pour cela répondre aux appels répétés de nos chefs d’état en faveur d’une annulation pure et simple de la dette africaine. Le moratoire mis en place par le G20, et auquel l’Europe a largement contribué, était un pas important dans la bonne direction mais c’est loin d’être suffisant.

Il faut un appui financier substantiel à l’Afrique qui puisse permettre de créer des emplois pour une population africaine constituée en grande majorité de jeunes de moins de 30 ans. Cette création d’emplois destinés aux jeunes africains sera un facteur de stabilité mondiale.

Il est important également de réduire rapidement le gap dans l’accès de l’Afrique aux multiples bénéfices des technologies du numérique et du digital, seules capable d’aider à une croissance économique exponentielle tant attendue.

C’est une croissance centrée autour et pour le bénéfice de l’être humain que nous voulons et où les jeunes et les femmes sont prioritaires dans l’accès à l’éducation et aux emplois.

Par ailleurs, ne nous trompons pas: l’accès de l’Afrique aux vaccins, et de manière rapide, déterminera la fin de la pandémie du Covid.

La Cop26 et les changements climatiques:

Le Sommet de Glasgow qui s’ouvre dans quelques jours doit être l’occasion d’un vrai sursaut en faveur du continent africain qui est paradoxalement le plus faible contributeur au réchauffement mondial et n’en subit pas moins les plus graves conséquences.

L’enjeu de la dégradation climatique est au centre des défis sécuritaires au Sahel.

C’est pourquoi nous espérons que le soutien international substantiel, annoncé à la conférence de Paris en janvier 2020 au projet de la Grande Muraille Verte, qui concerne onze pays africains, va enfin se matérialiser.

La question des changements climatiques est aussi au centre de la question migratoire qui concerne nos deux continents avec une route atlantique qui nous interpelle tous les jours sur le désastre humain que constitue cette quête désespérée des jeunes africains à quitter un continent où les opportunités d’emploi, et même d’accès tout simplement à l’eau, à la santé, à l’éducation de qualité, sont pour beaucoup un véritable défi.

Des modes de vie (comme le nomadisme pastoral) sont menacés d’extinction.

Le vrai enjeu aujourd’hui pour notre continent c’est l’accès à une énergie propre à moindre coût. Des projets prometteurs, et qui méritent le soutien Européen, comme le grand projet d’hydrogène vert, que lance mon pays la Mauritanie, mérite un soutien des investisseurs Européens.

Nouvelle politique de Voisinage Afrique -Europe:

Enfin, j’en appelle aujourd’hui à une nouvelle réflexion, à un nouveau paradigme dans la définition de notre politique de voisinage Afrique-Europe. Nous avons un destin commun et tant d’opportunités à explorer. Je suis d’accord qu’il faut pour cela renforcer notre mécanisme de gouvernance commune et le respect des droits humains. Mais il faut surtout des projets structurants, des grands projets ambitieux et transformatifs, qui seront ‘ce lien entre les peuples’, dont nous avons tant parlé aujourd’hui.

Enfin, la Mauritanie salue l’annonce du Président Macron d’un Sommet Afrique – Europe en février prochain que la France prépare activement et qu’elle va coprésider, durant sa présidence à venir de l’UE.

Je vous remercie».

Au cours de son voyage à Kigale, le ministre était accompagné de l'ambassadeur de Mauritanie à Bruxelles, SEM Abdallahi Kebd, notre ambassadeur auprès de l'Union Africaine, SE Mme Khadija Mint M’bareck Fall, et le directeur du Maghreb, l'Union européenne et du Partenariat méditerranéen au ministère, Mme Avatou Mint Ham, et le chargé du protocole au ministère, M. Ely Ould Khattry.
Dernière modification : 29/10/2021 11:31:44