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La mendicité à Nouakchott : une pratique qui nuit à l'image du pays

Nouakchott,  06/01/2021
La mendicité est un phénomène connu dont les causes sont la pauvreté et l’incapacité de l’individu à se livrer à un travail à cause d’un handicap donné.

Elle est considérée par tous les pays du monde comme un comportement malsain, et partant, combattue à ce titre avec fermeté.

Si dans certains pays dont la Mauritanie, les mendiants ne respectent pas les critères qui autorisent la mendicité et se livrent à cette pratique, bien qu’ils ne soient pas dans le besoin, d’autres par contre, soumis à la pression de la misère n’ont pas d’autres choix que de faire de cette pratique un métier.

Le choix minutieux du lieu

Au niveau de Nouakchott, beaucoup de mendiants choisissent les avenues et les rues les plus fréquentées qu’ils sillonnent à longueur de journée pour demander aux passants l’aumône. Certains mendiants par contre se fixent dans des lieux stratégiques qu’ils considèrent comme leur propriété et obtiennent de ce fait un revenu appréciable du fait de leur présence à proximité de lieux fréquentés par des personnes aisées. Il arrive même que certains mendiants louent les places qu’ils se sont appropriées à d’autres mendiants en cas d’absence temporaire.

Des connaisseurs témoignent

Un policer indique qu’il était un jour témoin d’un différend entre deux mendiants portant sur le refus de l’un d’entre eux d’évacuer un lieu situé près du carrefour de Bana Blanc, alors que l’autre affirme qu’il a "prêté" le lieu temporairement à son camarade qui refuse maintenant de le lui rendre.

Le policier qui suivait la scène de loin ajoute qu’une altercation s’en est suivi entre les deux mendiants, obligeant des intermédiaires à intervenir pour résoudre le différend en proposant au dernier occupant de remettre un montant d’argent donné au premier occupant et de partager le revenu journalier par la suite, formule qui a été acceptée par les deux parties, mettant ainsi fin à leur différend.

Certains autres témoins affirment, eux, qu’un jour, un bus de transport a renversé un mendiant au niveau du carrefour du marché de la capitale.

A la suite des investigations menées par la police, il s’est avéré que le bus en question est la propriété de la personne victime de l’accident.

Différents motifs invoqués

Les mendiants profitent souvent des lieux de rassemblements comme les prières de vendredi pour invoquer les causes qui les poussent à demander l’aumône.

Ainsi, dès la fin de la prière, des dizaines de mendiants se précipitent aux portes des mosquées tenant à la main des ordonnances, des recommandations de certaines personnalités religieuses et autres et demandant des aides pour la construction de mosquées ou d'autres lieux religieux comme les mahadras.

Des exemples multiples et diversifiés dont peut-être le plus saillant est le cas de cette femme répondant au nom de M. Salem, âgée de 70 ans, qui est retraitée de l’un des ministères et qui est propriétaire d’une maison louée à 65 000 ouguiyas ( anciens UM) à Arafat en plus de la maison qu’elle habite au Ksar et qui n’a pas de famille à nourrir et malgré cela elle a choisi de s’adonner à la mendicité au carrefour de la BMD, près du marché de la capitale comme voie raccourcie pour obtenir l’argent et l'investir dans un domaine porteur.

Nous pouvons aussi citer l'exemple de cet homme âgé qui réside dans la moughataa de Dar Naim qui a une famille de 9 enfants à nourrir.

Dans le but de satisfaire les besoins de cette famille, grâce à la en diversification de ses activités, il a convaincu l'un de ses proches venu de la campagne à s'adonner à la mendicité pour faire face aux contraintes quotidiennes de la vie, abandonnant par la suite le travail manuel auquel il se livrait pour former avec son proche un duo qui a pu, en un laps de temps très court, se tailler une place privilégiée dans les rangs des grands mendiants.

Des solutions et des interventions

Devant cette situation, l'Etat a décidé en 2001 de traiter cet épineux problème à travers la création de ce qui a été appelé à l'époque " projet de lutte contre la mendicité'" dont la gestion a été confiée à un comité composé de différents secteurs sous la supervision du ministère de l'Intérieur et de la Décentralisation avec comme membres les ministères de la santé et des affaires sociales et de l'enseignement originel, le commissariat à la sécurité alimentaire et celui chargé des droits de l'homme et de la lutte contre la pauvreté.

La supervision du projet a ensuite été assuré par le Commissariat- à la sécurité alimentaire de 2006 à 2008 pour être par la suite supervisé par le commissariat aux droits de l'homme et aux relations avec avec la société civile, de 2011 à 2012 avant d'être de nouveau piloté par le ministère des affaires sociales, de l'enfance et de la famille et revenir enfin au ministère de l'Intérieur et de la Décentralisation.qui a confié" sa gestion à la wilaya de Nouakchott de l'époque..

Un phénomène qui nuit à l'image du pays

Les principales manifestations du phénomène de la mendicité nuisent grandement à l'image du pays, car il n'est pas rare de voir des femmes et de petits enfants, avec des habits déchirés et sales et sans chaussures qui ont envoyés par leurs par leurs parents aux carrefours et aux mosquées pour demander l'aumône aux passants, affirmant à qui veut les écouter qu'ils sont dans le besoin absolu et qu'ils ne se sont livrés à cette pratique que parce qu'ils vivent des conditions déplorables.

Cette situation nécessite, en tout cas, d'être traitée avec attention et objectivité pour lui trouver des solutions radicales aptes à corriger définitivement les dysfonctionnements.
Dernière modification : 06/01/2021 12:12:05