Social

ODFF : Un organisme aux pouvoirs étendus pour protéger et promouvoir les droits des femmes en Mauritanie

Nouakchott,  08/04/2021
Un atelier d’information et de sensibilisation sur les missions, la composition et le fonctionnement de l’Observatoire national des Droits des Femmes et des Filles (ODFF) s’est ouvert jeudi, à Nouakchott. Il est organisé par le ministère des Affaires sociales, de l’Enfance et de la Famille (MASEF), en partenariat avec le Bureau des Nations Unies pour les Droits de l’Homme (OHCHR).

Pour cette première, le public cible était composé de représentants du gouvernement et d’organismes publics. D’autres ateliers suivront à l’intention des membres de la société civile à l’échelle nationale ainsi que les partenaires techniques et financiers.

Dans un mot prononcé pour la circonstance, le secrétaire général du MASEF, M. Mohamed Mahmoud Ould Sidi Yahya a indiqué que la femme occupe une place importante dans le programme du Chef de l’État, qui se matérialise notamment par le volet autonomisation des femmes, inscrit dans le Programme Prioritaire Élargi. Selon lui, un travail important a été effectué, en dépit de l’impact du Covid-19.

Cependant, le secrétaire général estime que malgré tous les instruments adoptés par la Mauritanie, la volonté politique et la mise en œuvre de politiques et stratégies de promotion féminine, on constate que la femme mauritanienne demeure très peu représentée dans tous les segments de la vie. C’est pour remédier à cet état de fait, que le MASEF en partenariat avec OHCHR a œuvré à la création de l’ODFF, conclut le secrétaire général.

De son côté, la coordinatrice de l’Unité Genre du OHCHR, Mme Mariata Kane, a souligné que l’institution de l’ODFF entre dans le cadre de la mise en œuvre des recommandations du comité CEDAW (Convention sur l’Élimination de toutes formes de discrimination à l’égard des femmes) et de l’EPU (Examen Périodique Universel). Pour elle, la principale ambition de l’ODFF est de permettre un exercice équitable de la citoyenneté par les femmes et les hommes, pour un développement juste et durable.

Avant de finir, Mme Kane a précisé que la mise en place de ce mécanisme se justifie par la nécessité de renforcer le dialogue sur les rapports sociaux de genre et d’assurer une veille politique et scientifique autour des inégalités entre les hommes et les femmes en Mauritanie.

Pour rappel, l’ODFF créé par le décret 2020.140/PM, est une institution consultative de protection et de promotion des droits de la femme et de la fille. L’institution aura en charge le suivi, l’évaluation et la formulation de propositions afin de promouvoir et de protéger les droits des femmes. Rattachée au MASEF, elle est toutefois dotée d’une autonomie administrative et financière.

Le décret de création stipule que l’ODFF sera composé de 22 membres et présidé par une femme. Parmi les membres,14 sont nommés et issus de plusieurs entités gouvernementales, législatives, universitaires, médicales et juridiques tandis que les 8 membres restants seront élus au sein d’organisations de protection et de promotion des droits des femmes.

Aussi bien pour la présidente que pour le reste des membres, la durée du mandat est de 3 ans. Il est renouvelable une seule fois. A noter que l’article 19 du décret mentionné plus haut, indique : « fonctions des membres de l’observatoire sont incompatibles avec l’appartenance aux organes dirigeants des partis politiques».

Concrètement, le décret confère à l’ODFF le pouvoir d’examiner toutes les situations d’atteinte aux droits de la femme et de la fille, notamment celles basées sur le genre. Ceci concerne non seulement les violences que l’observatoire constate ou qui sont portées à sa connaissance. Il a ainsi la possibilité d’enquêter, de produire des rapports spécifiques et même de publier ses avis et recommandations.

L’ODFF avec des pouvoirs étendus, devra présenter un rapport annuel au Président de la République. Il sera attendu sur l’épineuse question qu’est la lutte contre les violences faites aux femmes et aux filles, dont le viol.

En effet, une loi spécifique sur les viols est une revendication de longue date des organisations travaillant sur les droits des femmes. D’ailleurs, ces dernières années, plusieurs projets et propositions de loi visant à sanctionner le viol et les violences basées sur le genre, ont été rejetés à l’Assemblée nationale.
Dernière modification : 08/04/2021 22:21:47