Culture & Enseignement

Conférence sur la Fatwa à la Radio du Saint Coran

Nouakchott,  02/05/2020
La mosquée de la Radio du Saint Coran a abrité vendredi soir une conférence sur la ‘’Fatwa’’ animée par le Cheikh Mohamed Ould Bettar Ould Tolba qui a commencé par définir la fatwa comme un plaidoyer. On entend par fatwa dit-il, l’information ou l’annonce d’un jugement ou d’une décision judiciaire, non l’engagement de l’exécuter. La Fatwa est une obligation pour tous les musulmans sauf si certains d’entre eux l’assument. Dans ce cas, l’obligation tombe pour les autres.

Le conférencier a précisé que la fatwa doit être prononcée sur la base de l’exégèse prédominante du rite (malikite, chez nous), une exégèse qui s’appuie sur une argumentation fondée sur le Coran, la sunna ou l’ ’’Ijmaa’’ c’est-à-dire sur une jurisprudence constante des Fakihs (jurisconsultes musulmans). La Fatwa, poursuit-il doit être donnée suivant la pratique courante de jurisconsultes réputés.

Il en est ainsi de certains ulémas qui ont atteint le stade de l’’’Ijtihad’’ dont les Fatwas doivent prévaloir. Par ailleurs, Le Mufti, (celui qui donne la fatwa), peut se renseigner sur les usages d’une région avant de statuer. En effet, il ne faut pas, dans les décisions judiciaires, être complètement figé sur les textes lorsqu’il s’agit d’affaires ayant trait aux us et coutumes. Si par exemple un homme et une femme sont opposés dans un litige sur la dot, d’avance, on accorde foi à e est cru parce que généralement, la femme n’accepte pas de convoler sans dot. Toutefois, ceci est contraire à nos usages car, chez nous, la femme n’aime pas évoquer cette question. C’est pourquoi Al Gharrafi considère que celui qui se suffit uniquement de l’acceptation par signe porte préjudice à la religion car les décisions doivent être fondées sur des faits et déclarations expresses et non sur des déductions d’intention.

Il a attiré l’attention sur le fait que les ‘’Oussoulistes’’ estiment qu’en matière de Fikh, il faut s’assurer de l’appartenance à un rite déterminé, faute de quoi l’on expose les décisions judicaires à l’anarchie. Comme l’a explicité Cheikh Sidi Abdoullah Ould El Hadj Brahim, le Moufti doit faire preuve de modération, ne pas recourir aux solutions extrêmes, ni favoriser le laisser- aller ou la débauche. C’est cela la position des compagnons du Prophète (PSL). Le Moufti doit connaitre parfaitement le domaine, être juste et prendre ses fatwas à tête reposée, et savoir que la fatwa est une signature par procuration divine en lieu et place d’Allah. C’est pourquoi les anciens Ulémas et jurisconsultes musulmans la redoutent beaucoup.

DAH
Dernière modification : 03/05/2020 15:59:47