59è fête de l'Indépendance, en direct d'Akjoujt

La société civile en Inchiri : La jeunesse et l’environnement au-devant des préoccupations

Akjoujt,  27/11/2019

La société civile dans la wilaya de l’Inchiri, comme d’ailleurs dans les autres wilaya du pays, assume une grande responsabilité dans la sensibilisation des populations autour des questions liées à la vie des citoyens et pour l’éclairage de l’opinion publique sur les problématiques auxquelles le développement fait face.

Ainsi la société civile dans la wilaya travaille –t- elle dans le cadre d’un effort communautaire dans lequel s’intègrent toutes les structures et associations de la société civile, les acteurs intéressées aux questions de développement afin de conjuguer leurs efforts en vue de favoriser l’émergence d’une opinion nationale s’intéressant aux différentes problématiques posées.

Et si la wilaya de l’Inchiri, à l’instar des autres, souffre de l’absence d’action communautaire ayant un impact sur les décisions portant sur le développement et apte, en même temps, à orienter les politiques de ce développement à la lumière de la situation sur place, des problèmes posés. La spécificité de la wilaya a fait qu’elle a mis à la tête des préoccupations des organisations de société civile les questions de jeunesse et d’environnement pour lesquelles elle cherche et mobilise tout le plaidoyer nécessaire.


M. El Mamy Ould Brahim, Président du réseau régional de la jeunesse dans la wilaya de l’Inchiri :
L’absence d’espaces culturels et de jeunesse, un obstacle devant l’action des jeunes pour le développement

Dans ce cadre, M. El Mamy Ould Brahim, président du réseau régional des associations de jeunes dans la wilaya de l’Inchiri a précisé que le réseau englobe quinze (15) associations et clubs culturels qui fondent un grand espoir sur l’ouverture de guichets pour l’emploi pour permettre aux jeunes d’accéder sur le plan local au marché du travail et de mettre fin au chômage qui demeure un souci pour tous.
Il a ajouté que l’absence d’espaces pour les manifestations culturelles et le déploiement des activités de jeunesse en Inchiri et le manque d’équipement des maisons de jeunes et l’inexistence d’un stade ainsi que d’un centre de formation professionnelle et de perfectionnement ont représenté des entraves devant les jeunes les empêchant de jouer pleinement leur rôle dans le développement de la cité.

M. El Mamy Ould Brahim a relevé que le manque d’appui et de soutien aux activités culturelles et sportives mais aussi de formation et d’encadrement et la hausse du taux de chômage dans les rangs de la jeunesse locale font qu’elle est exposée à tous les risques, appelant à impliquer les jeunes dans les programmes et politiques qui les intéressent et à orienter les financements publics et ouvrir les opportunités devant les jeunes surtout celles qu’offrent la Caisse de Dépôts et de Développement (CDD).

Et de poursuivre en disant que la jeunesse dans la ville porte son intérêt sur l’action volontaire ainsi que les activités culturelles et sportives pour la plupart du temps appuyés par la municipalité d’Akjoujt, le député de la moughataa et la société Mines de Cuivre de Mauritanie (MCM).
Le Président du réseau régional de la jeunesse dans la wilaya de l’Inchiri a précisé que le réseau exécute un programme annuel qui englobe la propreté de la cité, l’organisation de soirées culturelles et de manifestations sportives ainsi que de sessions de formation au profit des jeunes de la ville.

Il a dit que le réseau, en collaboration avec le ministère des affaires islamiques et de l’enseignement originel a mis en œuvre au cours des deux années 2013 et 2014 un programme de perfectionnement et d’alphabétisation dans les milieux vulnérables pour que le programme se poursuive par la suite en collaboration avec la commune d’Akjoujt et la société MCM avec une moyenne de cinq classes chaque année à la suite de quoi les sortants obtiennent un appui de la Municipalité et de l société de Cuivre pour la mise en place de microprojets générateurs de revenus.

M. El Mamy Ould Brahim a précisé que le réseau organise chaque année une semaine culturelle et sportive comportant la coupe de football du député de la moughataa d’Akjoujt avec un soutien du député, de la mairie et de la société.

Au sujet du programme du réseau pour la commémoration du 59ème anniversaire de l’indépendance nationale que la ville d’Akjoujt abrite cette année, le président du réseau régional de la jeunesse a affirmé que la célébration de cette fête englobe des soirées culturelles, un championnat de football et une session de formation au profit des jeunes sur la communication et l’importance de l’action volontaire en plus de l’organisation de deux journées sanitaires en faveur des femmes de la wilaya ainsi que de la distribution d’une quantité de moustiquaires en collaboration avec l’Association des sages –femmes pour servir la santé reproductive.

M. Bellahi Ould Boukhari, coordinateur du réseau Environnement et Développement en Inchiri
La problématique de l’environnement en Inchiri réside dans l’anarchie des sociétés d’exploitation des carrières …
A son tour, M. Bellahi Ould Boukhari, coordinateur du réseau Environnement et Développement en Inchiri, a souligné que le réseau comprend plus de 40 adhérents représentant dont les coopératives représentent la majorité. Le réseau vise préserver l’environnement dégradé et la construction de partenariats entre les différentes composantes de la société civile et la création de réseaux et la réalisation de la prospérité.

Il a ajouté que le réseau a été créé sur la base d’un projet d’appel d’offre organisé par l’ONG ‘’Emel Inchiri’’ qui est destinée à la formation des organisations et coopératives ainsi que des acteurs et leur sensibilisation sur la problématique posée avec acuité dans la wilaya.

M. Bellahi Ould Boukhari a noté que la problématique de l’environnement en Inchiri réside dans l’anarchie qui caractérise l’exploitation des carrières d’extraction de la pierre. C’est ainsi que la proximité de la wilaya avec la capitale, Nouakchott par les sociétés, la présence en quantité du sable de qualité des sociétés, l’utilisation abusive de ce sable, comme matière de base dans les divers travaux de construction, en a fait une destination des investisseurs qui ont transformé cet endroit en chantiers où prévaut le désordre et qui portent atteinte aux pâturages, endommage les zones agricoles, obstrue les cours d’eau, détruit oueds et vallées, pollue l’air par la poussière générée par les forages profonds et la circulation anarchique des camions.

Le coordinateur du réseau Environnement et Développement en Inchiri a relevé que cette façon d’exploiter de genre de gisement n’aurait sans doute pas causé tous ces préjudices si cette exploitation était soumise à la loi et à une règlementation qui prend en compte les dangers résultant de cette exploitation et qui garantit sa rentabilité économique pour les populations locales à travers le choix et l’application de nouvelles méthodes qui préservent l’environnement.

Il a attiré l’attention sur le fait que les risques liés à ce service économique vital résident dans l’existence de sérieux dommages causés à l’environnement et d’autres à la nature mais aussi à la santé de l’Homme ainsi qu’au patrimoine archéologique, aux eaux et aux routes que l’on emprunte en raison de la destruction du réseau de distribution d'eau, de coupes d’arbres, de la détérioration du couvert végétal, de la propagation ostentatoire de la poussière et autres débris consécutifs à la multitude de trous creusés, au forage, à la fumée, au bruit, à l’utilisation de produits toxiques et le non-respect par les investisseurs des conditions légales et de l'absence de services humanitaires fournis au citoyen, la faiblesse du contrôle le et manque de dissuasion de la part des services techniques et le manque de respect des lois en vigueur.

Il a souligné que la situation actuelle des activités des carrières et de prospection requiert un certain nombre de de travaux d’urgence dont l’inspection des activités extractives du sable et de de l’or par des inspecteurs et la réhabilitation des carrières conformément à la loi, le lancement d’un large programme pour la réhabilitation des oueds et de tous les cours d’eau et affluents et la mise en place de systèmes d’aménagement en profondeur pour préserver l’eau et la plantation des arbres en plus du financement de projets générateurs de revenus pour les habitants locaux auxquels il convient d’accorder la priorité et les former à la protection de l’environnement.

Cela requiert encore – ajoute le coordinateur du réseau – l’arrêt de toutes les formes d’exploitation illicites et la sanction des auteurs qui doivent être contraint de réhabiliter les zones endommagées et l’indemnisation pour les préjudices matériels et moraux ainsi que la nécessité de d’engager les sociétés d’ouvrir des représentations dans la capitale de la wilaya pour faciliter les mécanismes de travail et lever les obstacles obliger les sociétés à construire ou améliorer une seule route pour les camions et les engins pour garantir la protection des passages et routes secondaires qui ont subi beaucoup de dégâts et faire en sorte que les parties concernées, de concert avec un bureau international neutre fassent une évaluation de l’impact de l’exploitation minière et des opérations de prospection et d’extraction de la pierre et de l’or sur l’environnement et trouver un mécanisme efficient de contrôle.

Moctar Taleb Nafa
Dernière modification : 27/11/2019 09:19:02