Nouakchott,  01/08/2019
Nous vivons aujourd’hui, indubitablement, la première alternance démocratique pacifique au sommet de la République, un évènement historique inédit dans notre parcours de nation, marqué par le passage magnifique du relai d’un président élu à un autre plébiscité à l’aune du suffrage universel, un passage de témoin fruit d’une maturité politique et d’une sagesse civique rares en Afrique et dans le monde arabe.
Cette cérémonie d’investiture à laquelle nous assistons a très haute valeur symbolique parce qu’elle consacre le respect du nombre des mandatures que limitent les dispositions de la Constitution, et illustre le respect de l’engagement pris et du serment prêté ainsi que le refus de céder aux appels des sirènes de l’immobilisme.
Elle marque l’entrée en fonction officielle du Président de la République élu et son engagement solennel à remplir ses obligations régaliennes, celles de Chef de l’Etat telles que définies dans la Loi fondamentale, scellant ainsi la légalité indiscutable du pouvoir et de la nouvelle mandature.
Ce changement radical dans notre vie démocratique est la preuve qu’au fil du temps, notre système démocratique s’est réellement enraciné, s’est fortement consolidé et ses mécanismes se sont parfaitement perfectionnés à la faveur des valeurs fondatrices de notre société, de la vitalité de nos institutions républicaines, de l’activité de nos élites et de la prise de conscience des acteurs qui animent notre vie politique.
Ce changement dans la forme de transfert du pouvoir intervient à un moment où de gigantesques chantiers structurants ont été réalisés, des réformes novatrices ont été conduites et des ressources énormes ont été mobilisées.
Sur le terrain, les changements ont été spectaculaires, les mutations profondes, les réalisations nombreuses et massives. Toutefois, une œuvre de développement n’est jamais parachevée, une entreprise de progrès jamais terminée, une ambition jamais complètement assouvie.
Plus que jamais, nous avons besoin que se consolide une opposition de proposition et de projection en même temps qu’une majorité de conviction et d’action. Besoin aussi de partis politiques, de société civile et de segments intermédiaires qui conjuguent leur force mobilisatrice pour occuper, toujours plus, les interstices sociaux et servent de ciment à la cohésion sociale et de moteur d’initiatives et d’actions constructives pour faire de la Mauritanie une oasis de démocratie, de civisme, de liberté et de tolérance, gage de progrès et de prospérité.
Dernière modification : 19/08/2019 14:17:20