Nouakchott,  07/01/2019

L’écrivain, poète, aviateur et reporter français Antoine de Saint-Exupéry disait "si tu diffères de moi, frère, tu ne m’indisposes pas, tu m’enrichis. ».

En Mauritanie, plus que partout ailleurs dans le monde, la différence fait la richesse ; d’autant plus que les différentes composantes de la population sont unies par la communauté de religion : l’Islam qui considère que le meilleur des humains est le plus pieux parmi eux.

Les Mauritaniens, toutes couches sociales confondues, sont condamnés à vivre main dans la main dans la quiétude et l’entente et à cultiver l’esprit de solidarité pour relever, ensemble, les défis inhérents à la mondialisation de ce monde impitoyable d'aujourd’hui.

Ils ne doivent, en aucun cas, se laisser piéger par des individus qui s’ingénient à semer les troubles en jouant sur les fausses cordes de soi-disant injustices pratiquées à l’endroit d’une telle ou telle couche sociale.

Ce genre de manœuvres, dont les auteurs ont redoublé d’activité récemment en tenant des discours de haine incendiaires, constitue un danger réel pour notre cohésion sociale sous tendue par nos valeurs islamiques et culturelles ancestrales.

Les adeptes de tels discours, isolés qu’ils sont dans la société, cherchent désespérément à défigurer les réalités en prétendant l’existence de discriminations ethniques ou catégorielles systématiques dans le pays.

Or tout observateur avisé ne peut que se rappeler le lot de mesures salutaires prises au cours de la dernière décennie dans le but de renforcer l’unité nationale et d’améliorer les conditions de vie des franges les plus vulnérables de la population.

Il convient ici de souligner, d’abord, le lancement de l'initiative de réconciliation nationale à travers le règlement du dossier du passif humanitaire causé par les violations des droits de l'Homme qu'a connues notre pays au cours des décennies précédentes.

Ces violations, il est vrai, avaient constitué une menace réelle pour l'unité nationale et un obstacle devant le développement économique et social du pays.

Dans le but de clore ce dossier, l'Etat mauritanien a reconnu sa responsabilité dans ce qui s'est passé et consacré le droit à la compensation conformément aux enseignements de notre sainte religion, avec le devoir de mémoire à travers l'accomplissement d'une prière de l'absent sur les âmes des victimes dans la ville de Kaédi le 25 mars 2009.

Sur un autre plan, celui de l’esclavage, un arsenal de textes législatifs a été adopté pour réprimer les éventuels auteurs de pratiques de ce phénomène avec, en parallèle, le lancement de programmes de développement consacrant une discrimination positive au bénéfice des victimes des séquelles de ce phénomène abject.

Ainsi, une loi votée en août 2015 a classé l’esclavage comme « crime contre l'humanité » et l’a qualifié «d’imprescriptible». Dans le même cadre, trois cours criminelles spécialisées dans la répression de l’esclavage ont été crées en décembre de la même année, avec des compétences couvrant la totalité du territoire national.

Déjà en mars 2013, le gouvernement avait lancé l’Agence Nationale de Lutte contre les Séquelles de l'Esclavage, de l'Insertion et de Lutte contre la Pauvreté (TADAMOUN) dont l’action s’est clairement focalisée sur les zones d’habitat des citoyens vulnérables.

Le champ d’action de TADAMOUN comprend prioritairement la construction d’écoles, de centres de santé et d’infrastructures hydrauliques, autant de services vitaux pour les populations.

Et pour ratisser large, le gouvernement mauritanien a adopté, le 6 mars 2014, une feuille de route visant à accélérer l'éradication des séquelles de l'esclavage. Un tel document préconise la mise en œuvre d’une trentaine de recommandations, avec une approche multisectorielle portant notamment sur les domaines juridiques, économiques et sociaux.

Ces efforts s’inscrivent dans le cadre d’une vision globale, perspicace et lucide, pour une Mauritanie solidaire et unie, immunisée contre les discours haineux et les velléités de division.

Nous devons tous être vigilants et tirer les leçons de situations ayant conduit à des violences et conflits dans d’autres régions qui vivaient naguère dans la paix et la sérénité. Et prendre conscience du fait que dans pareilles situations, tous les citoyens du pays en proie aux violences en pâtissent, y compris ceux qui en sont à l’origine.

Nous devons aussi faire bloc contre les promoteurs de la discorde et la division en fustigeant leur discours méprisable et en battant en brèche leurs idées nocives.

Les réseaux sociaux sont, à ce sujet, un terrain idéal pour mener cette bataille et protéger notre société contre les poisons que distillent ses ennemis.

Par Maarouf Ould Oudaa
Dernière modification : 07/01/2019 17:50:47