Nouakchott,  02/12/2018
Né le 31 août 1985 à Riyad, Mohammed ben Salmane est le prince héritier et le vice-Premier ministre d'Arabie saoudite, depuis le 21 juin 2017. Membre de la dynastie Al Saoud, fils de Sa Majesté le roi Salmane, il est aussi depuis janvier 2015 le plus jeune ministre de la Défense au monde et président du Conseil économique et de développement.

Diplômé en droit de l'université du Roi-Saoud, (Baccalaurius/maîtrise) contrairement à ses frères, qui ont étudié aux États-Unis et au Royaume-Uni, Son Altesse le Prince Héritier Mohammed ben Salmane commence sa carrière politique en décembre 2009 en devenant, à 24 ans, conseiller spécial de son père, alors gouverneur de Riyad. En 2011, lorsque l'Emir Salmane ben Abdelaziz Al Saoud est nommé ministre de la Défense, il devient son conseiller personnel. En 2013, il dirige le cabinet princier à la suite de la nomination de son père en tant que Prince héritier. En avril 2014, il devient secrétaire d'État et membre du gouvernement.

Le 23 janvier 2015, lors de l'accession de son père au trône, il est nommé ministre de la Défense et chef de la Cour royale à 30 ans, ce qui en fait le plus jeune ministre de la Défense au monde.

Depuis mars 2015, Son Altesse le Prince héritier Mohammed ben Salmane conduit les opérations militaires saoudiennes au Yémen contre les houthis. En décembre 2015, il annonce la mise en place d’une alliance militaire islamique de 41 pays pour lutter contre le terrorisme sous toutes ses formes. Elle comprend un volet sécuritaire et militaire, ainsi qu’un volet « idéologique » pour contrer les capacités d’endoctrinement des groupes djihadistes.

En janvier 2016, il réfute l’éventualité d’une guerre contre l’Iran, estimant qu’un tel conflit « aurait un impact très fort sur le reste du monde ».

Le 29 avril 2015, Mohammed ben Salmane est nommé vice-prince héritier du royaume et second vice-Premier ministre.

En 2011, lors du printemps arabe, le royaume saoudien injecte 130 milliards de dollars supplémentaires dans le budget de l’État afin d'assurer la paix sociale. La même année, Mohammed ben Salmane fonde la fondation MiSK, dont il devient le président du comité exécutif. Cette fondation affiche comme objectif d'accompagner les jeunes du royaume dans les domaines de la technologie, des arts, de la culture, du social ou de l’entrepreneuriat. Cette fondation est l’une des premières associations à but non lucratif d’Arabie saoudite. Elle soutient des initiatives internationales, comme le 9e Forum UNESCO des jeunes en 2015. Le Prince héritier Mohammed ben Salmane utilise également la fondation MiSK pour porter le projet « Vision 2030 », visant à moderniser le pays.

Le 21 juin 2017, à 31 ans, Son Altesse Mohammed ben Salmane est nommé prince héritier par le roi Salmane et le conseil d'allégeance de la famille royale saoudienne en remplacement de son cousin Mohammed ben Nayef. D'après le diplomate François-Aïssa Touazi, Mohammed ben Salmane est « partisan d'un État fort et souhaite privilégier une gestion verticale du pouvoir sans compromis avec les prévaricateurs » pour réformer le royaume. Il s'agit d'une transmission du pouvoir inédite en Arabie saoudite.

Touchée par la baisse du prix du pétrole, l'Arabie saoudite doit réduire le budget de fonctionnement de l'État. Dans le cadre du Programme de transformation nationale lancé en janvier 2016, Son Altesse Mohammed ben Salmane dresse la feuille de route de plusieurs réformes économiques et sociales qui doivent aboutir à une évolution profonde de l'économie saoudienne vers une économie diversifiée, plus ouverte, industrialisée et modernisée. Développement durable, e-gouvernement, rôle des femmes dans l’économie saoudienne, l'ensemble des mesures du plan Vision 2030 a été dévoilé le 25 avril 2016, accompagné de la première interview télévisée du Prince héritier.

En raison de la baisse des cours du pétrole en 2015 et de recettes pétrolières revues à la baisse, Son Altesse Mohammed ben Salmane amorce des réformes budgétaires : les subventions sur l'essence, l'eau et l'électricité sont désormais conditionnées aux revenus des ménages saoudiens. Une taxe sur certains produits nocifs pour la santé comme les cigarettes ou les boissons sucrées a également été introduite. En avril 2017, il rétablit la plupart des bonus et aides aux fonctionnaires.

Président du Conseil des affaires économiques et du développement depuis le 29 avril 2015 et président du Conseil suprême de la compagnie Saudi Aramco, il est responsable de la politique pétrolière et économique du royaume.

L’objectif du plan Vision 2030 est de diversifier l’économie du pays en réduisant sa dépendance vis-à-vis du pétrole. Son Altesse le Prince héritier décrit cette réforme comme « thatchérienne ». Elle repose notamment sur la libéralisation des prix du marché de l’énergie, le développement de secteurs sous-exploités (mines d’uranium, tourisme religieux), ainsi que la mise en œuvre d’une politique de privatisation (santé, éducation, secteurs militaires), l’introduction d’une taxe sur la valeur ajoutée et la réduction des aides sociales.

Il impulse également une profonde réforme de l’administration du royaume, en important la méthode de gouvernance anglo-saxonne des Key Performance Indicators (KPI) qui vise à assigner aux hauts fonctionnaires des objectifs précis.

En janvier 2016, il annonce qu'un projet de privatisation partielle de Saudi Aramco est à l'étude et qu'une décision sera prise dans les prochains mois. Cette privatisation de 5 % du capital de la compagnie pétrolière nationale pourrait donner naissance à la première capitalisation boursière mondiale, estimée à 2 000 milliards de dollars. Elle traduit une volonté nouvelle d'ouverture du capital aux investisseurs étrangers. Son Altesse le prince héritier a annoncé que le produit de la vente des 5 % et des dividendes, qui serviront à alimenter le Fonds public d’investissement d’Arabie Saoudite, seront réinvestis dans d’autres secteurs dans le cadre de la diversification de l’économie.

Le 24 octobre 2017, lors d'une conférence intitulée Future Investment Initiative réunie à Riyad, Son Altesse le Prince Héritier Mohammed ben Salmane dévoile Neom, projet de zone de développement économique et « mégapole high-tech » sur les rives de la mer Rouge (Golfe d'Aqaba, essentiellement dans la province de Tabuk).

Il veut notamment favoriser l'accès des femmes au marché de l'emploi. Depuis février 2018, les femmes peuvent créer et gérer leur propre entreprise sans autorisation préalable d’un tuteur masculin. Depuis la même date, des postes militaires sont ouverts aux femmes dans plusieurs régions d’Arabie saoudite42. Il estime que « les lois de la charia sont très claires. Comme les hommes, les femmes doivent s'habiller de manière décente ».

Le 4 novembre 2017, une commission « anticorruption » est créée par décret royal, avec Son Altesse Mohammed ben Salmane à sa tête

Le 22 novembre, le prince héritier a entamé à Abu Dhabi sa première visite à l'étranger, Six pays sont prévus pour marquer la tournée de Mohammed ben Salmane : Émirats arabes unis, Bahreïn, la Tunisie, l’Égypte, l’Algérie et la Mauritanie qu’il a visitée après le sommet des 20 en Argentine..
Dernière modification : 02/12/2018 20:39:39