Nouakchott,  16/06/2018
L'organisation des principaux marchés au niveau des trois wilayas de Nouakchott constitue une œuvre d’une importance notoire pour les autorités administratives et municipales, surtout que ces marchés ont de tout temps été mal organisés: occupation illégale des trottoirs, couloirs intérieurs des marchés, rues et places devant les marchés par les vendeurs ambulants, citoyens soient-ils ou étrangers.

A l’issue d’innombrables tentatives, les autorités administratives et municipales ont souvent échoué à réglementer de manière définitive les indomptables marchés de Nouakchott.

La dernière de ces campagnes a été menée par la wilaya de Nouakchott ouest en coopération avec la Communauté Urbaine de Nouakchott, la Sureté Nationale et des unités issues des corps armés en vue d’organiser ces marchés au niveau des trois Moughataas de Nouakchott ouest : Ksar, Tevragh-Zeina et Sebkha.

La campagne a également ciblé l'ouverture de routes et rues menant aux marchés, écoles, centres de santé, carrefours ainsi qu’aux voies principales et l'évacuation de nombreuses rues menant au marché central et à la polyclinique.

Dans ce contexte, le wali de Nouakchott ouest, M. Mahi Ould Hamed, a souligné que le processus d'organisation définitive des marchés doit être le plus rapide possible en raison de leur lien direct avec la sécurité et la vie des citoyens, soulignant que le bienêtre du citoyen est le principal objectif de la politique du président Mohamed Ould Abdel Aziz.

«Nous ne sommes plus comme nous l'avons été dans le passé, nous ne sommes plus des nomades transhumants, dit le wali. Nous vivons désormais sous l’autorité d’un Etat, ce qui exige que nous soyons conscients de la nécessité de préserver notre capitale qui est la façade urbaine de notre pays.

Le Wali, Mahi Ould Hamed a souligné que l'organisation de campagnes de ce type pour réguler les marchés, maintenir la propreté de la capitale et lever les barrières est nécessaire pour préserver l'intérêt du citoyen, sa sécurité et sa stabilité, soulignant la nécessité d'en finir avec ce désordre que les différentes autorités n’ont jamais réussi à éliminer de manière définitive.

Le wali de Nouakchott ouest a ajouté qu'à partir de maintenant, il ne sera toléré aucune apparence susceptible d’entacher la façade extérieure de notre jeune capitale qui abrite les infrastructures publiques, le corps diplomatique étranger et les centres commerciaux. Nouakchott, a-t-il dit, est devenu un pôle de développement muni de tout ce qu’il faut pour assurer le bien-être du citoyen à l’images des capitales du monde civilisé.

Le wali a indiqué que parmi les mobiles qui ont conduit à cette campagne, on peut citer le grand désordre qui a affecté les marchés et conduit au blocage de la circulation, la propagation des ordures dans les lieux publics et sur les routes. Ces ordures ayant d’ailleurs occupé une grande partie de l’espace géographique réservé aux marchés, ce qui a eu un impact négatif sur le trafic de manière générale.

"Notre campagne, a dit le wali, a déjà eu des résultats positifs car au niveau de la zone Polycliniques, du marché central, de la zone des banques, du boulevard des commerçants et d’autres points importants de la capitale, la circulation est désormais revenu à la normale".

Le wali a déclaré que la campagne actuelle a commencé le 3-10-2017 et qu'elle vise à éliminer les barrières illégales, les occupations du domaine public, indiquant qu’elle a doublé d’efficacité depuis la visite que le Président de la République, Monsieur Mohamed Ould Abdel Aziz, a effectuée dans la Moughataa de Tevragh-Zeina en octobre dernier.

La visite d’inspection que le Premier ministre a effectué sur le terrain pour s’informer sur l’action des équipes participant à la campagne au cours de la même période et les visites successives du ministre de l'Intérieur et de la Décentralisation dans tous les domaines d'intervention soulignent la grande importance accordée à cette campagne par les autorités publiques.

Il a expliqué que parmi les obstacles auxquels cette campagne est confrontée figure l’absence de la conscience civique du citoyen, d'où l'absence totale de tout rôle imparti au citoyen et également l’absence d’un volet médiatique de la campagne de sensibilisation.

L'absence d'un texte légal permettant aux agents de sécurité routière d'accomplir pleinement leurs tâches, l'absence d'une caserne fixe près du marché pour faciliter les formalités de dépôt, soulignant que la poursuite du processus nécessite la mise en place d'un organe spécifique chargé de suivre cette tâche. Cet organe doit être capable d'intervenir chaque fois que nécessaire et trouver des lieux alternatifs (marchés) vers lesquels les vendeurs itinérants doivent être orientés afin qu’ils puissent poursuite de leurs activités, notamment que les groupes cibles sont fragiles.

Pour sa part, Mme Zeinebou Sow, porte-parole des femmes marchandes ambulantes au marché de la capitale, a souligné qu'elle et toutes ses collègues sont plus enclines à combattre le désordre et à apporter la tranquillité aux citoyens et à l'amour du pays. ‘’Cependant, dit-elle, le marché est l'endroit où nous présentons notre commerce, un commerce modeste et simple et pratiqué par des femmes chefs de ménages, très fragiles.

Zeinebou a indiqué qu'elle avait informé les autorités de la disponibilité de son groupe à donner suite à leurs instructions concernant le départ du lieu et à préciser la place que les autorités nous avaient attribuée et nous confirmons toujours notre volonté de le faire.

Quant au représentant du syndicat des vendeurs ambulants, M. Maka Ould Merzoug, il a déclaré qu’il est vendeur ambulant depuis 12 ans et avec près de six mille personnes pratiquant les mêmes activités entre le marché de la capitale et la polyclinique . ‘’Notre situation est connue de tous ; nous sommes contre le désordre et ne le pratiquons pas, mais nous travaillons dans des conditions difficiles et personne ne s’intéresse à notre situation sauf l’Etat, et chaque fois qu'une campagne de ce genre est menée, nous rencontrons M. le wali ainsi que le maire. Nous leur expliquons notre situation aux fonctionnaires mais notre situation ne s’améliore pas car à chaque campagne, on nous envoie en prison, on procède à la saisie de nos marchandises et après l’arrêt de la campagne, nous revenons à la situation de départ.

Il a ajouté que pour remédier à ce phénomène chronique, nous demandons l'organisation du commerce itinérant afin de mettre définitivement fin au désordre, en soulignant la disposition de son groupe à se rendre sur n'importe quel marché de la capitale déterminé par les autorités.

Makka Ould Marzouk a noté que l'expérience de la construction des hangars est d’une grande importance et a aidé à absorber environ 1500 vendeurs ambulants et qu’il en reste beaucoup.
Dernière modification : 16/06/2018 20:22:58