Nouakchott,  28/05/2018
Les mauritaniens adoptent encore l’économie pastorale comme principale source de vie, d’où la contribution de l’élevage à hauteur de 20% dans le PIB, sans compter que ce secteur est le deuxième employeur au plan national avec plus de 16%, dès lors où 70% de la population rurale du pays est liée directement ou indirectement à ce sous-secteur.

Des études ont montré également l’équilibre social et économique en milieu rural consécutif à l’élevage, boosté par les capitaux sociaux formés notamment par la Zakat et autres formes de transactions non monétaires entre les ruraux.

Cette importance de l’élevage a conduit en conséquence le gouvernement mauritanien au cours des années 80 du siècle dernier, à créer, en partenariat avec les bailleurs de fonds, des programmes et des projets de développement, orientés vers le renforcement des capacités des éleveurs afin d’être mieux outillés pour faire face aux aléas comme la sécheresse, notamment en organisant les acteurs du sous-secteurs, en créant des associations et en élaborant un code vétérinaire, servant de cadre pour poser les problèmes et insuffisances qui entravent son développement.

Le directeur des services vétérinaires, Dr Brahim Ould Taleb Moussa, a souligné à l’AMI, dans le cadre de ces efforts officiels, l’engagement du département pour faciliter l’accès qualitatif et quantitatif aux médicaments vétérinaires, particulièrement en cette année difficile, caractérisée par un important déficit pluviométrique.

Des efforts sont menés au niveau des services régionaux pour assurer une bonne couverture sanitaire du cheptel, actuellement touché par la sous-alimentation, a dit le directeur, selon lequel, 7.300.000 têtes ont été vaccinés contre les maladies infectieuses, dans le cadre de la campagne annuelle de vaccination du bétail pour la saison 2017-2018, lancée par le gouvernement.

« Les opérations de vaccination couvrent les petits ruminants, les bovins et les camélidés », a-t-il dit, soulignant l’opérationnalité des services vétérinaires pour intervenir sur place à tout moment afin de dispenser les soins nécessaires au bétail.

Le Président du regroupement national des associations pastorales, M. Hacen Ould Taleb, a loué quant à lui, la création par Son Excellence le Président de la République, Monsieur Mohamed Ould Abdel Aziz, d’un ministère exclusivement dédié à l’élevage, ayant permis de relever les grands défis qui ont représenté des années durant, de réels obstacles au développement de ce sous-secteur.

« Une attention du Chef de l’Etat qui a permis de mettre en œuvre d’importants projets de développement à l’instar de l’usine de lait de Néma, pour limiter les importations en lait », a-t-il précisé, mettant en exergue les retombées de cette politique qui ont permis une autosuffisance alimentaire non seulement en viande rouge et éventuellement en matière des dérivés de l’élevage en premier le lait ; ce qui a permis également de faire des économies en devises, initialement dépensées pour les besoins d’importation de ces produits.

Il a salué par ailleurs les efforts consentis par le gouvernement mauritanien pour contrer les effets négatifs des changements climatiques, affirmant que le programme d’urgence pour faire face à la sécheresse, mis en place a permis l’accès à l’aliment bétail, à réaliser des forages et à assurer une intervention vétérinaire pour prévenir les maladies auxquelles s’expose notre richesse animale.

Il a demandé enfin une augmentation des quantités de l’aliment-bétail mobilisées, un renforcement de la culture des fourrages, louant la poursuite par le gouvernement de la mise en œuvre de son plan d’urgence, au-delà des premières semaines de l’hivernage, en attendant que les pâturages soient abondants, en plus du programme d’accès à l’eau, afin de garantir un exploitation optimale des réserves pastorales partout à travers le pays.
Dernière modification : 28/05/2018 16:27:09