Nouakchott,  05/12/2017  -  Les nouvelles modifications de la monnaie nationale fortifient l’ouguiya et augmentent l'efficacité de l'économie nationale », affirme le gouverneur de la Banque Centrale

Le gouverneur de la Banque centrale de Mauritanie (BCM), M. Abdel Aziz Ould Dahi, a édifié, mardi, au cours d’une conférence de presse, l'opinion nationale et internationale sur les prochains changements apportés à la monnaie nationale.

« Les fonctions de l’ouguiya resteront inchangées, avec le maintien de sa valeur initiale, sans aucun nouveau changement », a-t-il dit, inscrivant ces modifications dans le cadre de la transaction simultanée de plusieurs chaînes de billets de banque et de pièces, composée de six catégories, ayant des formes différentes.

« Les nouvelles modifications de la monnaie nationale fortifient l’ouguiya contre la falsification et augmentent l'efficacité de l'économie nationale », a-t-il affirmé, précisant qu’elles renforcent également la valeur de la monnaie nationale, à travers l'utilisation de pièces de monnaie d’espérance de vie plus longue et en permettant une simplification des processus commerciaux et comptables, ainsi qu’en accentuant la confiance dans la monnaie nationale et en réduisant les coûts et la sécurité des transactions.

« Le nouveau processus de réforme vise à modifier la base de l’ouguiya. Ainsi, chaque nouveau billet ou pièce comportera un zéro de moins que l’ancien mais la valeur restera inchangée. Du coup 100 Um deviennent 10 Um, satisfaisant ainsi à la volonté des pouvoirs publics d'harmoniser les méthodes de paiement avec les exigences de la modernisation et de la compétitivité de l'économie nationale », a-t-il ajouté.

Evoquant le contexte dans lequel intervient cette réforme de la monnaie, le Gouverneur de la BCM a passé en revue la croissance et le PIB: le PIB ayant augmenté de 1.063 Milliards passant de 785 Milliards d’ouguiya (2009) à 1.829 (2017) soit un taux de croissance de 135%.

Abordant l’inflation, le gouverneur a indiqué qu’elle reste faible avec un taux prévisionnel selon les données de l’Office National des Statistiques, de 2,7% pour 2017.

A propos de la masse monétaire, elle a évolué de 307,5 Milliard UM en 2010 à 608,1 Milliard UM en 2017, grâce à la corrélation positive entre l’activité économique réelle et les agrégats monétaires, à travers une forte liquidité de l’économie nationale.

Concernant les réserves de change, elles ont atteint en novembre 2017 quelque 850 millions $ environ, soit plus de 5 mois d’importation et à la fin de 2017, 1 Milliard $ (projection), grâce à la résistance de la monnaie nationale à la crise internationale (faible dépréciation par rapport aux pays similaires).

Le gouverneur s’est appesanti par la suite, sur les prometteuses perspectives économiques, eu égard à l’accès au gaz, au pétrole et aux mines, qui vont encore impacter la masse monétaire et par conséquent le Cash.

Ce qui permettra d’assurer une stabilité des prix et des finances, de lutter contre l’inflation, de participer au développement économique du pays et d’émettre et d’entretenir la monnaie fiduciaire, a précisé le gouverneur, qui a abordé par la suite la stratégie de la BCM, citant dans ce cadre l’axe stratégique 2, relatif à la modernisation des systèmes et des moyens de paiement, à l’adaptation à l’environnement international, à l’impératif économique, à la forte demande des acteurs économiques et à la nécessité de moderniser les moyens de paiement ainsi qu’au séminaire sur le développement et les perspectives des moyens de paiement en Mauritanie (Septembre 2017), qui a recommandé la modernisation de la monnaie fiduciaire, la bancarisation, le système de paiements scripturaux, les moyens de paiement électroniques (Monétique, internet, mobile, etc), en plus de la nécessité de moderniser les moyens de paiement, qui sont des recommandations du séminaire, adoptées par le Conseil des Ministres (26 octobre 2017)

« La stratégie nationale d’inclusion financière a porté par ailleurs sur la stratégie nationale de modernisation des moyens de paiement, d’amélioration de la monnaie fiduciaire, de la finance numérique, de la nécessité de moderniser les moyens de paiement et de l’évolution lente des paiements électroniques ainsi que sur le nombre de 136.652 cartes bancaires, tandis celui des portes monnaies électroniques (cartes bancaires prépayées) a atteint 17.387 », a précisé le gouverneur.

« Les volumes de paiements pour 2016 et 2017 ont atteint respectivement 844.286.050 et 1.003.909.617 MRO », a-t-il poursuivi, indiquant que, selon, les résultats de l’enquête menée par la BCM sur la circulation des pièces de l’Ouguiya (Mai, 2017), 80% des personnes veulent que les billets de 100 et 200 Ouguiya soient en pièces, inscrivant cette réforme dans le cadre d’une large et ambitieuse stratégie de modernisation de nos systèmes et moyens de paiement, en particulier les paiements par crédit, non monétaire et électronique.

« Tous les billets et toutes les pièces actuellement en vigueur seront retirés, en plus d’un changement de la base de l’ouguiya », a-t-il dit, qualifiant ces modifications de la monnaie nationale, de pratique courante dans le monde, précisant que le retrait et l’annulation se feront par changement de tous les billets et de toutes les pièces en service.

« Les nouveaux billets de banque sont fabriqués à partir du polymère, dont les billets sont les plus sécurisés dans le monde, d’autant plus vrai si l’on se réfère l’expérience de la Mauritanie, pour le billet de catégorie 1000 en polymère (2014).

Il a rappelé également les cas de démonétisation de 1973, de 1977 (n’a pas eu lieu), de 1981 (n’a pas eu lieu), de démonétisation 1989 (n’a pas eu lieu) et de démonétisation 2004.

Il a évoqué aussi le cas de la démonétisation totale de la monnaie nationale française consacrant le passage du franc à l’euro, en 1999.

« La fabrication des billets en polymère vise à sécuriser notre monnaie nationale, en tenant compte de la technologie innovante et d’une durabilité trois fois supérieure aux billets actuels, ainsi qu’à réduire les coûts, à préserver la santé et l’environnement », a-t-il ajouté, affirmant que plus de 30 pays utilisent le polymère dans leurs billets.

Le gouverneur a mis par la suite en exergue, les avantages de la nouvelle réforme dont entre autres la facilitation des échanges commerciaux, la lutte contre le blanchiment d’argent, l’élimination des risques de faux monnayage et l’amélioration de la bancarisation.

« Notre monnaie nationale sera en vertu de la réforme, plus forte, avec une valeur sauvegardée, plus durable et coutera beaucoup moins à la communauté », a-t-il dit, précisant que la monnaie divisionnaire retrouvera son rôle et fera baisser l’inflation (déguisée).

Il a souligné aussi dans le cadre de ces avantages, que le changement de base n’aura aucun effet sur la valeur de l’ancienne monnaie, le pouvoir d’achat (il n’y a ni réévaluation ni dévaluation de la monnaie), la valeur des épargnes, des biens et autres instruments d’investissement et le taux d’inflation.

« La nouvelle monnaie sera disponible à partir du 1er janvier dans toutes les banques et toutes les agences et sur les points de’change : Guichets de la BCM, banques primaires, perceptions du Trésor Public », a-t-il dit, précisant que le retrait graduel des billets s’effectuera :

- jusqu’au 31/01: de tous les billets de 5000

- jusqu’au 28/02: de tous les billets de 2000

- jusqu’au 30/03: de tous les billets de 1000

- jusqu’au 30/06: de tous les autres billets

A propos des mesures d’accompagnement, le gouverneur s’est appesanti sur les mesures prises pour contrer les tentatives de fraude et contrefaçon bancaires, l’appui sur les forces armées et de sécurité et sur les machines de détection, mettant en garde les faussaires, qui profiteront de cette période de transition.

Il est privilégié à ce propos, d’effectuer paiements bancaires et les échanges aux points d’échange agrées pour parer aux risque potentiels.

Une campagne de communication de grande envergure sera menée par la BCM sur tout le territoire national, a dit le gouverneur, et portera notamment sur des affichages, la distribution de documents thématiques, la sensibilisation sur le terrain, les médias (TV, Radio, etc), le site Web dédié à l’opération, l’application mobile, le centre d’appel, les réseaux sociaux…

A propos de la stratégie de communication relative à la présentation de la nouvelle Ouguiya, le gouverneur a précisé qu’elle portera sur les pièces de monnaie : pièces de 1/5 Ouguiya, de 1 Ouguiya, de 5 Ouguiya, de 10 Ouguiya et de 1 Ouguiya.

Pour ce qui est des billets, elle concernera les billets de banque de 50 Ouguiya, de 100 Ouguiya, de 200 Ouguiya, de 500 Ouguiya et de 1000 Ouguiya

Le gouverneur de la BCM a évoqué enfin les prometteuses perspectives économiques, qui reposent sur la stratégie de modernisation des moyens de paiement, le projet RTGS (2018), le mobile banking (2018) et les paiements par internet (janvier 2018) et par carte gros facturiers (2018) en plus de la bourse des valeurs mobilières et la stratégie d’inclusion financière.
Dernière modification : 05/12/2017 20:35:56

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