Nouakchott,  08/11/2017  -  L'Assemblée nationale a consacré sa plénière, tenue mercredi à Nouakchott, sous la présidence de M. Mohamed Ould Boilil, son président, aux réponses faites par le ministre de l'éducation nationale, M. Isselmou Ould Sidi Moctar Ould Lehbib, à une question orale adressée, par le député Mohamed Vall Ould Issa, relative, à l’état des lieux du système éducatif dans le pays et aux mesures prises par le gouvernement pour le développer.

Le parlementaire a mis en exergue le rôle pivot joué par l'éducation, « la base de tout processus de développement et de tout règlement des problèmes sociaux pressants a-t-il dit.

« Le vrai investissement réside dans le capital humain, comme l’illustre l’intérêt accru accordé par les Etats et les peuples tout autour de nous, à ce moteur du développement », a-t-il ajouté.

"Tout le monde est unanime pour reconnaître les principaux dysfonctionnements qui minent notre système éducatif, aussi bien en termes de programmes, de personnel enseignant que d’infrastructures ; comme en témoigne les conclusions des états généraux de l’éducation », a-t-il poursuivi.

« L'effondrement de l'éducation contribue à la fracture au niveau des valeurs morales de la société », a-t-il dit, appelant le gouvernement, à intervenir afin de sauver l’enseignement, ainsi que pour jouer son rôle central dans la construction d'une génération capable d’assumer efficacement la responsabilité.

« Toutes les réformes improvisées entreprises dans le domaine de l'éducation n'ont pas permis d’atteindre les résultats escomptés », a dit le député, qui a demandé au ministre d'informer les députés et à travers eux l'opinion publique nationale, sur la stratégie suivie par le département, pour tirer ce secteur de sa léthargie.

« L'éducation occupe une place importante dans le programme du Président de la République, Monsieur Mohamed Ould Abdel Aziz, comme en témoigne, les programmes et les stratégies suivies dans ce domaine », a rappelé d’emblée, le ministre de l'éducation nationale, dans sa réponse aux interrogations des députés.

« La stratégie mise en œuvre n’est pas fortuite », a-t-il affirmé, car issue d’une stratégie décennale (2010/2020), inspirée par une vision globale, et comportant plusieurs axes et des objectifs clairs, pour réformer l’enseignement, à travers l’introduction d’un changement radical, dont notamment l’élargissement de la scolarité, l’amélioration des performances des instituteurs et la bonne gouvernance dans la gestion des ressources ; soulignant à ce propos, l'augmentation des ressources allouées au secteur de l'éducation, de manière générale, qui sont passées de 31 milliards ouguiyas en 2009 à 47 milliards ouguiyas en 2017.

Le ministre a passé en revue certaines réalisations faites au cours de la période 2009-2017, dont la construction, la réhabilitation et l’extension de dizaines d'établissements de l’enseignement, dans les différentes zones du pays, la création de deux écoles Ecoles Normales des Instituteurs (ENI), l'adoption d’un plan d'urbanisme pour la construction d'installations pédagogiques et la programmation de la construction de ces mêmes édifices publics, selon les besoins, loin de toute subjectivité.

« Des ressources considérables ont été orientées au cours de cette période pour l'acquisition de tables et l’impression des manuels, avec la publication de 5,6 millions de manuels pédagogiques, le recrutement d’un grand nombre d'enseignants et de professeurs », a-t-il ajouté, soulignant l'importance de la formation des ressources humaines dans ce processus de réforme de l'éducation et d'amélioration de ses conditions matérielles, illustrée par l’orientation de 94% du budget du département, vers l’enseignant.

« D’autres mesures, visant notamment à contribuer à la réforme de l'éducation, à la redynamisation des performances du secteur en général, dont l’expérience des écoles d'excellence, qui se renforcent jour après jour, avec 1800 élèves, dans le secondaire, l’existence de 4 établissements primaires d’excellence, accueillant un millier d’écoliers des wilayas de Nouakchott et du Prix des sciences du Président de la République, qui a suscité chez les élèves l'esprit de lecture et de compétitivité, ont été prises », a-t-il poursuivi.

« Notre système satisfait par ailleurs d’autres critères non moins importants, dont la capacité d’assurer tout le nécessaire pour enseigner nos enfants, l’obligation et la gratuité de l’éducation », a-t-il dit, soulignant, des indicateurs positifs enregistrés, tels que l'augmentation du taux de parachèvement de l’enseignement fondamental et l’accès à la phase du secondaire.

« Le département a adopté une politique scientifique et professionnelle de distribution du personnel enseignant, pour lequel, une base de données a été créée, à des fins de suivi et de lutte contre l’absentéisme », a-t-il précisé, mettant en exergue les réformes visant à provoque une mutation radicale, conduisant à l’avènement d’un système éducatif, capable de créer des compétences et des qualifications, pour le développement des ressources du pays », a-t-il poursuivi.

« Le ministère œuvre pour renforcer la formation des enseignants au niveau des ENIs, à travers la définition de critères d’accès à cette profession, dont l’obtention du baccalauréat, la prolongation des durées de formations et l’organisation d’évaluations continues des enseignants au cours des différentes étapes de la formation », a-t-il dit.

Le ministre a inscrit enfin, les réformes menées par le secteur, dans le cadre d’une vision pertinente, reposant en premier sur l’enseignant, les programmes éducatifs, le fonctionnement méthodologique de la carte scolaire et la promotion de l'enseignement des sciences.

Les députés ont salué dans leurs interventions, ces réformes engagées par le département, souhaitant que l’attention accordée par les autorités publiques à l’éducation, notamment à travers les budgets alloués, se répercutent sur les performances de nos établissements pédagogiques, afin d’être au niveau requis, appelant à assurer un entretien constant des édifices scolaires, parfois délabrés.

Ils ont souligné enfin la nécessité de traiter, avec professionnalisme et pertinence, les problèmes de l'éducation, tout en mettant en place des visions appropriées à son développement et à sa redynamisation, loin de toute politisation.
Dernière modification : 08/11/2017 22:31:23

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