Nouakchott,  14/06/2017
L’assemblée nationale a tenu, mercredi, une plénière, sous la présidence de M. Mohamed Ould Boilil, son président, consacrée à l’écoute, des réponses faites par le ministre de la santé, le Pr Kane Boubacar, à une question orale, adressée par le député Ahmed Ould Baba, relative à l’état des lieux du secteur sanitaire, « qui demeure, en dépit des importants investissements, incapable de jouir de la confiance des citoyens ».

« Le secteur de la santé, considéré comme la bouée de sauvetage et l'espoir du citoyen pour vivre dignement, a bénéficié d’une grande attention, de la part de Son Excellence, le Président de la République, Monsieur Mohamed Ould Abdel Aziz, qui considère la création des hôpitaux et l'acquisition des équipements médicaux nécessaires, comme des priorités de son projet de société », a dit le député.

« Comment expliquer, face à l’ampleur des efforts déployés pour hisser les services de santé à l’échelle nationale, le manque de confiance des citoyens dans ce secteur », s’est interrogé le parlementaire, demandant au ministre de présenter les raisons de ces insuffisances et les mesures prises pour corriger ce dysfonctionnement.

Répondant à cette question, le ministre de la santé a mis en exergue, le sentiment de satisfaction des citoyens envers le secteur, consécutif aux grandes réalisations faites dans le domaine sanitaire au cours des dernières années, aussi bien en matière de construction de centres de santé et d’hôpitaux, qu’en terme d’acquisition des équipements et de formation du personnel médical.

Personne n’oublie le passé récent du secteur, caractérisé par une très faible couverture sanitaire dans les villes, a-t-il dit, illustrant ces propos par le cas de la capitale économique de Nouadhibou, qui ne disposait à l’époque, que d’un petit centre de santé, n’assurant, avec un personnel quasi-inexistant, que 19% de la couverture sanitaire, malgré les énormes ressources rapportées par le secteur de la pêche à la ville.

Les villes d’Atar et de Néma, n’étaient pas dans une situation meilleure, avec leur couverture sanitaire ne dépassant pas les 16%, au cours de cette période, a-t-il ajouté.

Nous devons nous ressouvenir encore, que le pays ne disposait que d’un seul scanner à l’hôpital national de Nouakchott ; destination prisée des citoyens venus de différents coins et recoins du pays, pour bénéficier de ce service médical, a-t-il précisé.

On ne peut pas changer l’état des lieux du secteur de la santé dans un pays du jour au lendemain, a-t-il dit, soulignant les mesures nécessaires prises par le gouvernement, qui avaient permis cette évolution notoire, couronnée par d’importants acquis dans ce domaine, en un temps record, dans le cadre de la stratégie nationale en vigueur, pour atteindre l'objectif escompté.

Les investissements effectués dans le secteur de la santé, au cours des cinq dernières années, ont augmenté de 65%, permettant la construction de 115 centres de santé et de 20 hôpitaux dont des hôpitaux spécialisés, a affirmé le ministre.

Le pays détient aussi plus de 20 scanners répartis sur les différents hôpitaux publics et d’équipements de détection radioactive, a affirmé le ministre, soulignant les efforts considérables consentis par le gouvernement à cet égard.

Ces grandes réalisations ont assuré l’accès des citoyens aux services sanitaires, les mettant à l’abri d’un vécu difficile dépassé, exigeant des voyages pénibles et onéreux vers les Etats voisins pour effecteur des examens scanner, par exemple, a-t-il poursuivi.

Le ministre a présenté par la suite, un exposé sur certains des hôpitaux en cours de construction, dont le centre de cardiologue, qui verra la lumière à la fin de cette année et l'hôpital de Boghé, arrivé à ses phases finales, puisqu’il ne reste plus qu’à le le raccorder aux installations électriques ; en plus de la poursuite des travaux au niveau de l'hôpital de Néma.

Ce boom en matière d’infrastructures hospitalières, de centres et d’équipements médicaux requiert une formation continue des ressources humaines, qui demande à son tour du temps, a-t-il dit, soulignant le doublement des écoles de santé, qui sont aujourd’hui au nombre de cinq contre une, opérant auparavant à Nouakchott.

Nos hôpitaux sont désormais reconnus, au niveau régional et continental, accueillant chaque année, plus de 400 élèves infirmiers, qui s’ajoutent aux élèves orientés vers le secteur privé, en plus des promotions de médecins sortants de la faculté de médecine et de nos étudiants diplômés des facultés de médecine étrangères, a-t-il précisé, affirmant que l'augmentation continue du personnel médical contribue efficacement, à assurer une couverture globale ; soit l’objectif que nous visons au cours des cinq ou dix prochaines années, a-t-il ajouté.

Le ministre a évoqué l’existence d’un plan d'avenir, d’extension de l'hôpital national de Nouakchott au cours des deux prochaines années, pour atteindre une capacité de 200 lits, en plus des efforts déployés pour améliorer les prestations des divers autres hôpitaux et centres de santé.

Il a inscrit également, la grande affluence des citoyens, enregistrée au niveau des établissements publics de santé qui assurent désormais tous les services hospitaliers dont ils ont besoin, dans le cadre de la confiance accordée par les mauritaniens au secteur de la santé.

Ces installations médicales en Mauritanie, ne sont certes, pas encore arrivées au degré de leurs consœurs dans les pays développés, mais, il y un travail constant déployé à notre niveau, pour arriver à ce but et pour permettre à tous nos citoyens d’être satisfaits des prestations du secteur.

Les députés ont loué dans leurs interventions, les acquis réalisés par la Mauritanie dans le domaine de la santé, aussi bien en matière de création de structures sanitaires que d’accès aux équipements modernes d’examens médicaux.

Ils ont appelé à accorder davantage d’égards à l’hygiène et à l’organisation dans les centres de santé afin qu'ils soient à la hauteur des attentes des patients, soulignant l’existence d’un déficit important en la matière.

Certains ont attribué la mauvaise capitalisation des acquis, au manque de spécialistes dans les hôpitaux publics et leur refus de travailler dans les wilayas de l’intérieur du pays.

Ils ont souligné enfin la nécessité de la prise de mesures strictes contre les médecins auteurs d’erreurs manifestes dans l’exercice de leur profession, affirmant que cet aspect relève encore du domaine de questions tabous.
Dernière modification : 14/06/2017 21:15:07