Kaédi,  05/02/2013
Demain, mercredi 6 Février sera célébrée la journée internationale contre les mutilations génitales féminines (excision).
Cette pratique dangereuse constitue une violation fondamentale des droits des filles et des femmes tels qu'ils sont énoncés dans de nombreuses conventions internationales et notamment dans la convention relative aux droits de l'enfant et dans celle portant sur l'élimination de toutes les formes de violence à
l' égard des femmes.
Au Gorgol, l'une des 7 wilayas du pays à haute prévalence (84 à 98,8), les mutilations génitales féminines (MGF) sont, selon la coordinatrice régionale du ministère des affaires sociales, de l'enfance et de la famille, Mme. Sawdetou Ly, le produit de la tradition, des coutumes et des moeurs et n'ont rien à voir avec la religion. ' Les familles avaient l'habitude de pratiquer l'excision sur leurs filles et elles continuent à le faire'', a-t-elle dit.
De son coté, Mme Yacine Koné, sage femme, point focal de la santé de reproduction à la direction régionale de l'action sanitaire au Gorgol ajoute, dans une déclaration à l'AMI, que la fille qui n'est pas excisée n'est pas pure selon les coutumes et traditions sociales de la wilaya. Elle précise, dans ce cadre, que cette fille ne peut se marier mais elle ne doit pas aussi ni préparer les repas ni les servir avant de noter que l'islam n'autorise pas les MGF.
Son point de vue est partagé par les recommandations faites par le professeur Hamden Ould Tah, l'imam Hademine Ould Salek et le jurisconsulte Baba Ould Maata dans un document intitulé ' les complications obstétricales des mutilations génitales féminines''. L'une de ces recommandations invite le public à se débarrasser des pratiques néfastes qui entravent le progrès et humilient l'homme. Elle rappelle également qu'en cette ère de mondialisation et de village planétaire, il est nécessaire de passer les us et coutumes au crible de la charia afin de maintenir ce qui est conforme à la loi islamique et rejeter ce qui s'y oppose car, il est cause, selon eux, du malheur et du sous développement.
Devant les dangers de santé que peuvent entrainer les MGF dont notamment l'hémorragie, l'infection et le risque de contamination du VIH/Sida ainsi que des difficultés au cours de la grossesse et de l accouchement en plus des fistules obstétricales, le ministère des affaires sociales, de l'enfance et de la famille a entrepris, dans le cadre de son action, plusieurs campagnes de sensibilisation qui ont touché 272000 personnes adultes dans les wilayas du Hodh Charghy, du Bakna, du Tagant et du Gorgol.
Au Gorgol, les comités départementaux et les relais communautaires mis en place ont véhiculé le message de sensibilisation sur les MGF dans les communes rurales, les villes et villages à travers les procédés porte à porte pour toucher le maximum de familles. L'utilisation de ce système a permis à Mme Sawdetou Ly d'affirmer à l'AMI qu'elle a constaté une amélioration dans l'abandon des MGF dans la wilaya. La coordinatrice a noté, à titre d'exemple, qu'à la fin d'une formation en 2009 de 16 imams à Kaédi sur les MGF, seuls 4 d'entre eux se sont déclarés favorables à l' abandon desdites ptratiques avant de remarquer que ces mêmes imams ont subi en 2011 la même formation sur le même thème et 12 parmi eux se sont déclarés opposé à l'excision.
Mme Ly a assuré, par la suite, qu'au niveau de la wilaya, la sensibilisation se poursuit, puisque, dit-elle, le changement de comportement demande un travail de longue haleine. 'Avec le temps, la formation et la sensibilisation, nous allons parvenir à réduire les MGF au Gorgol'', a enfin souligné la coordinatrice.



Dernière modification : 05/02/2013 12:55:55