Aioun,  18/07/2011
Le président de la République Monsieur Mohamed Ould Abdel Aziz donnera le coup d'envoi mardi à Aioun de l'Université des Sciences Islamiques " les Mourabitounes. " Il s'agit d'un évènement historique ", comme l'a dit le wali du Hodh El Gharbi, M. Cheikh Ould Abdallahi, au cours d'une interview accordée à l'Agence mauritanienne d'information (AMI). " C'est la première fois qu'une Université est délocalisée dans notre pays ", a-t-il ajouté.
Le premier responsable de la wilaya a affirmé que la mise en place de cet établissement d'enseignement supérieur va permettre de résoudre effectivement la déperdition scolaire, non seulement au niveau du Hodh El Gharbi mais aussi dans les wilayas limitrophes, notamment le Tagant, l'Assaba et le Hodh Charghi.
Voici cette interview dans son intégralité :
AMI: M. le wali, votre wilaya se prépare à accueillir le président de la République à l'occasion de l'inauguration de l'Université des Sciences Islamiques des Mourabitounes. Quel sera le rôle de ce nouvel établissement supérieur?
Le wali: Il s'agit de l'installation de l'Université des Sciences Islamiques dans la ville d'Aïoun, capitale du Hodh El Gharbi. C'est un événement historique en tant que tel parce que c'est la première fois qu'une Université est délocalisée dans ce pays. Jusque- là, nous n'avions qu'une seule Université à Nouakchott. Ainsi, il s'agit de la première fois où une seconde université existe à l'intérieur du pays et de surcroît une Université Islamique ce qui est en droite ligne avec notre histoire et nos valeurs civilisationnelles. Le fait que cette Université enseigne les sciences islamiques constitue un acte majeur extrêmement important. En plus, le choix de la ville d'Aïoun pour abriter cette importante institution reflète l'ambition du président de la République de développer les wilayas de l'intérieur et permettre au Hodh El Gharbi de renouer avec sa vocation première en tant que creuset civilisationnel, creuset de la culture, de la science de l'Islam de façon générale. Les populations se réjouissent de cette réalisation et je suis sûr qu'elle aura un impact socio économique positif sur le développement futur de la région.
AMI: Est que vous pensez que cette réalisation parachève un système d'enseignement décentralisé, déjà engagé en faveur de la wilaya?
Le wali: Je pense que le choix de la ville d'Aïoun pour abriter cette institution d'enseignement supérieur n'est pas le fruit du hasard. Cette wilaya a toujours été connue, par le passé, comme un lieu de culture, de savoir et de civilisation. Je pense, comme vous l'avez si bien dit, que l'enseignement s'est déjà bien développé depuis la période précoloniale. Le lycée d'Aïoun a un passé glorieux, une bonne partie des cadres du pays sont sortants de cet établissement. Nous ne pouvons que nous réjouir de ce choix qui est incontestablement pertinent.
AMI: Est-ce que la réussite de l'Ecole Normale des Instituteurs (ENI), mise en place il y a quelques années à Aïoun, n'a pas été un facteur encourageant dans la prise de cette décision?
Le wali: Effectivement, l'ENI d'Aïoun a eu à jouer un grand rôle. Pas plus tard que l'année dernière, elle accueilli plus de 400 élèves qui ont été formés dans de bonnes conditions. La ville d'Aïoun a déjà cette vocation. C'est une tradition, pour elle, de recevoir ce genre d'établissements. Mais je crois que l'Université des sciences Islamiques donnera à cette ville une autre dimension.
AMI: Quel serait l'impact économique de cette réalisation?
Le wali: Le projet aura certainement un impact économique positif sur le développement de la ville à travers la création d'emplois et d'autres activités induites, notamment par le développement de la recherche et l'installation éventuelle du personnel de l'Université, du corps professoral et des étudiants.
AMI: M. le wali, notre système éducatif souffre de l'épineux problème de déperdition scolaire, en particulier au niveau des filles. Est ce que cette dimension a été prise en considération dans le choix d'Aïoun?
Le wali: Je crois que la position géographique et stratégique de la ville d'Aïoun, (carrefour entre les régions de l'Est et proximité d'un pays frontalier, le Mali), est la mieux indiquée pour abriter cet édifice universitaire. Il va sans dire que les populations, de par le passé ont toujours eu des difficultés pour assurer l'enseignement supérieur de leurs enfants en dehors de leur région d'origine, précisément à Nouakchott. Le fait d'avoir un établissement d'enseignement supérieur dans la région va permettre de résoudre effectivement la déperdition scolaire, pas seulement au niveau du Hodh El Gharbi mais aussi dans les wilayas du Tagant, de l'Assaba et du Hodh Charghi Je pense qu'au-delà de son impact sur la région elle aura aussi un impact sur la politique de l'enseignement d'une manière générale avec l'élévation du taux d'accès à l'enseignement supérieur grâce justement à l'opportunité offerte aux élèves dont les parents ne sont pas disponibles pour faire le déplacement à Nouakchott.



Dernière modification : 18/07/2011 18:07:13