Nouakchott,  22/05/2011
Les ministres du commerce, de l'artisanat et du tourisme, M. Bamba Ould Dermane du pétrole, de l'énergie et des mines, M. Taleb Ould Abdi Vall ont été interpellés ce dimanche au niveau de l'Assemblée nationale.
Ces deux ministres ont été interpellés au cours d'une plénière de cette chambre présidée par le député Mohamed Mahmoud Ould Emmatt, vice président de l'Assemblée nationale.
Le député Yacoub Ould Moine du groupe parlementaire du RFD a, dans sa question orale suivie de débat, interpellé le ministre du commerce, de l'artisanat et du tourisme sur le blocage constaté au niveau des importations de la société nationale d'importation et d'exportation (SONIMEX) qui a "conduit à l'arrêt de sa mission historique consistant à réguler le marché et à stabiliser les prix".
Justifiant sa question, le député Ould Moine a rappelé les objectifs à l'origine même de la création de la Société dans les années 60 à savoir l'approvisionnement du pays en produits de base et à des prix correspondant au pouvoir d'achat des citoyens, soulignant que la Sonimex a rempli cette mission avec plus ou moins de succès et dans des proportions qui diffèrent suivant les périodes avant de s'arrêter de façon définitive depuis deux ans après avoir ployé sous le poids de l'endettement suite à une politique de dilapidation méthodique de ses stocks dont la valeur financière a dépassé les 17 milliards d'ouguiya.
Il a demandé des éclaircissements sur les montants qu'il a estimé comme dépassant les 47 millions d'ouguiya que l'Etat a présenté à la Sonimex via la Banque Centrale de Mauritanie (BCM) entre 2008 et 2009 pour l'aider à l'approvisionnement du marché national en denrées alimentaires dans le cadre du programme spécial d'intervention d'urgence.
M. Ould Moine a indiqué que les montants n'ont pas été payés aux parties prêteuses et que la Sonimex n'a pas rempli son rôle et est fortement endettée jusqu'à présent dans des proportions au demeurant non précisées en dépit des enquêtes nationales et internationales.
Les parties responsables de la disparition de ces montants et de la situation difficile que connaît l'entreprise n'ont pas été déterminées, selon le député.
Le ministre du commerce a, dans ses réponses relevé que l'Etat oeuvre depuis 2008 à sauver la société Sonimex, dont la situation s'est détériorée suite à des accumulations de passifs depuis des décennies consécutivement à la mise en oeuvre de politiques pour le moins douteuses. Pendant cette période la Sonimex n'avait ni comptabilité ni programmes précis.
Et le ministre de réaffirmer que la société se trouve aujourd'hui dans une situation excellente en comparaison avec son statut anté et qu'elle fournit des efforts importants pour soutenir le marché national et la politique du gouvernement dans le domaine de la réalisation de l'auto suffisance alimentaire.
Le ministre a indiqué à ce sujet l'approvisionnement de ces campagnes continues dans le cadre des boutiques Ramadan et de l'actuelle "opération solidarité 2011", ainsi que sa contribution considérable dans la disponibilisation des semences et des engrais pour les agriculteurs, en plus de l'achat de la production nationale du riz en très grandes quantités. Il a souligné également que l'Etat a obtenu un financement des organismes financiers islamiques de 27 millions de dollars pour soutenir le rôle de Sonimex qui "affectera ce montant dans des proches délais dans le renouvellement de ses stocks en denrées de base; ce qui aura des répercussions positives sur l'incidence des prix sur le marché" a-t-il dit.
Le ministre du commerce et de l'industrie a refusé de parler des montants et des financements évoqués par le député Yacoub Ould Moine dans sa question orale, ainsi que de leur sort et des responsables, prétextant que ce dossier est entre les mains de la justice "ce qui empêche d'en parler en respect à la séparation des pouvoirs" a indiqué le ministre, qui a souligné que le gouvernement veille à la transparence dans tous les programmes et toutes ses politiques.
Intervenant par rapport à la question orale, les députés des groupes parlementaires de l'assemblée nationale de la majorité et de l'opposition ont été unanimes sur l'importance du rôle de la Sonimex dans l'appui du marché national et dans la stabilisation des prix des produits de première nécessité.
Ils ont demandé au gouvernement de renforcer ce rôle de régulateur de la société.
Les opinions des députés étaient différentes sur l'efficacité de ce rôle de la Sonimex à l'heure actuelle. Pour les députés de l'opposition, il s'agit d'un rôle négatif dont les méfaits sont plus importants que les bienfaits, soulignant que la société est aujourd'hui un instrument de dilapidation des biens publics ainsi qu'une monture permettant à certains commerçants d'acquérir des fonds sous prétexte de réalisation de projets sociaux ne traduisant en aucun cas une utilité quelconque pour les citoyens.
Les députés de la majorité, quant à eux, ont affirmé l'inverse, indiquant unanimement que les institutions de l'Etat dont la Sonimex connaissent sous l'actuel pouvoir, depuis le 6 août 2008, une grande amélioration dans leur action et dans l'atteinte des objectifs visés à travers l'identification de leurs multiples problèmes accumulés suite aux politiques de mauvaise gestion et de gaspillage érigées en système par les anciens régimes, transformant les objectifs publics poursuivis par ces sociétés étatiques en buts privés.
Les députés de la majorité ont indiqué également que le fait de critiquer au sein du parlement et dans les médias l'Etat des sociétés publiques n'est pas en soi gênant pour le gouvernement et est une preuve de l'existence d'une démocratie véritable et d'une transparence absolue de l'actuel pouvoir ainsi que de l'inexistence de mesures visant à dissimuler les problèmes "comme cela était fréquent dans les régimes passés" ont-ils dit.
Les députés ont demandé enfin à l'opposition de reconnaître cette réalité et d'adopter la politique de la critique objective.
Dernière modification : 22/05/2011 22:33:24