Nouakchott,  23/11/2010  -  BIOGRAPHIE DE Mintata Mint Hedeid
Mintata Mint Hedeid est née en 1961 à Aioun, capitale de la wilaya du Hodh El Gharby.
Elle a obtenu le Baccalauréat (série Lettres modernes françaises), en 1980.
1984, elle achèvera ensuite une formation de 4 années à l’Ecole normale supérieure
(ENS) et obtient le Certificat d’Aptitude Professionnelle à l’Enseignement
Secondaire en lettres modernes françaises.
1989 à 1991, elle est secrétaire générale de l’Organisation des Femmes de
l’Afrique de l’Ouest. De 1992 à 1996, elle sert au cabinet du Premier ministre.
De 1996 à 1998, Mintata Mint Hedeid est nommée directrice adjointe de la
Société nationale d’Importation et d’Exportation (SONIMEX).
De mars 1998 à juin 2003, elle accède au poste de secrétaire d’Etat à la Condition
féminine.
En 2006, elle est élue députée sur la liste nationale du Parti républicain pour la
Démocratie et le Renouveau (PRDR).
Depuis 2007, elle est présidente de la Commission des Finances à l’Assemblée
nationale.
Secrétaire générale du Parti républicain pour la Démocratie et le
Renouveau, Mintata Mint Hedeid est également présidente du Groupe parlementaire
pour la Bonne Gouvernance et la Lutte contre la Corruption.

Interrogée par l’Agence Mauritanienne d’Information à l’occasion du cinquantenaire de l’indépendance nationale, Mme Mintata Mint Hedeid a déclaré que bien du chemin a été parcouru depuis le 28 novembre 1960. Elle a rappelé le cheminement suivi depuis cette date, surtout en matière de promotion de la femme.
Evaluant ce qui a été réalisé en Mauritanie dans le domaine de la promotion féminine au cours des 50 dernières années, elle a dit que ces cinq décennies constituent une courte période dans la vie d’une nation, soulignant que notre pays a connu une renaissance dans tous les domaines, notamment celui de la promotion féminine.
Elle a indiqué que le colonisateur n’a pratiquement rien laissé dans le pays sur le plan infrastructures de base.
Mettant en exergue la place prépondérante de la femme dans la société mauritanienne, Mint Hedeid a dit que cela en soi différencie la société mauritanienne des sociétés voisines.
Elle a affirmé que cela a permis à la femme de jouer un important rôle depuis l’indépendance.
«C’est ainsi que Mmes Mariem Mint Sid’El Moctar, Sall Tokossel Sy et Mariem Guèye ont fait leur entrée au parlement.
Certes, le mode électoral à l’époque diffère de celui en vigueur aujourd’hui, mais toujours
est-il qu’elles étaient élues en qualité de représentantes du peuple au parlement», a dit l’ancienne secrétaire d’Etat. Parmi les étapes les plus importantes dans le processus de promotion féminine, elle a rappelé que Mme Aissata Kane a occupé le premier poste ministériel et a rendu hommage à cette «militante de première heure » qui a tout donné et qui continue toujours de se battre pour promouvoir la femme.
La nomination en 1975 de cette grande sœur a ouvert la porte à la femme mauritanienne qui connaîtra par la suite plusieurs entrées aux gouvernements, notamment avec la nomination en 1988 de la regrettée Khadijettou Mint Ahmed, l’ancienne ministre chargée de la Femme, qui.est vraiment une très grande dame.
Après une année, le ministère chargé des Femmes s’est transformé en secrétariat exécutif,
jusqu’en 1992, date de la création d’un secrétariat d’Etat chargé de la Condition féminine.
J’aimerai dire dans ce cadre, qu’à partir de la fin des années 80, le monde a accordé une
importance particulière aux problèmes de la femme et à son implication dans le processus
de développement. Cet intérêt s’est traduit par l’action concrète. Ainsi, le secrétariat d’Etat
à été créé et celles qui m’ont précédée ont, chacune en ce qui la concerne, abattu un
travail gigantesque qui s’est poursuivi jusqu’à nos jours, avec l’actuelle ministre chargée de
ce secteur. En ce qui me concerne, j’avais eu l’insigne honneur d’occuper ce poste de mars
1998 à juin 2003 et je peux déclarer ici que les grands défis auxquels nous avions fait
face à l’époque étaient ceux ayant conduit à la création de département ministériel, notamment.
Une stratégie de la promotion féminine a été conçue pour s’ajouter aux différentes stratégies sectorielles de développement et ce, malgré d’énormes défis qui se dressaient et en particulier le Code de statut personnel adopté par certains pays comme la Tunisie.
En Mauritanie, le statut personnel a été adopté en 2001 en tant que premier texte juridique
traitant de ces questions. Certains qualifient ce texte de loi régissant la situation familiale au moment où, d’autres considèrent qu’il constitue une preuve de l’aboutissement du combat visant le recouvrement par la femme de certains ses droits.
Dès lors, nous pouvons noter qu’il s’agit d’un texte qui organise, conformément au rite malékite, les questions de mariage, de divorce, de pension, d’entretien des enfants afin de protéger, légiférer et préserver ces différentes questions.
Je me rappelle qu’au cours de l’élaboration du code du statut personnel, nous nous étions inspirés de certains textes similaires au Maghreb arabe et dans certains pays islamiques.
Mais son adoption n’était pas chose facile, car certains ont considéré qu’il s’agit d’une grande affaire alors que c’était juste une façon d’organiser la situation de la famille en Mauritanie, de préserver les droits des enfants. Il faut dire que les contrats de mariage n’étaient pas enregistrés et dans certains
cas, ils se font sans témoins. Donc, avec l’adoption de ce texte, les relations, les droits
et les obligations ont été définis juridiquement.
Parmi les défis, nous pouvons citer également la Convention internationale pour l’Elimination de toutes sortes de discrimination à l’égard des femmes, ratifiée elle aussi en 2001. Mais avant cela, nous avions fait face à beaucoup de difficultés. Parce que, comme toute convention internationale, elle contient des éléments en contradiction avec la Chariaa Islamique (Loi Islamique). Les collègues
qui m’avaient précédée n’étaient pas parvenues à la faire passer en conseil des ministres et nos partenaires au développement qui visitaient le pays insistaient toujours sur la nécessité de son ratification, surtout que plusieurs pays l’avaient déjà fait. Et pour parvenir à surmonter la non conformité de certains passages de la convention avec la Charia, nous avions mis en place des commissions spécialisées qui ont formulé les réserves de «la République Islamique de Mauritanie sur
tout article non conforme à la Charia». Et ainsi, la convention fût adoptée et la mise en œuvre de certaines de ses dispositions a entraîné d’énormes investissements pour le pays.
Le département des Affaires sociales se penche actuellement sur la révision de cette réserve en précisant les points contraires à la Charia. Nous avions également élaboré, au cours de cette période, le Code pénal des Mineurs et entrepris des campagnes de sensibilisation pour expliquer le code de statut personnel et à le rapprocher de ses bénéficiaires qui ignoraient leurs droits et hésitaient à les revendiquer, notamment s’il s’agit de pensions des enfants de femmes divorcées.
Une structure chargée de gérer les litiges familiaux, qui aidait les femmes à recouvrer leurs droits, a été mise en place au niveau du secrétariat d’Etat chargé de la Condition féminine.
Un grand travail avait également été entrepris dans le cadre de la scolarisation des filles à travers la cérémonie annuelle présidée par le Premier ministre pour récompenser les lauréates dans le cadre du programme d’appui à la scolarisation des filles et qui avait contribué à réduire les écarts entre les deux sexes en matière d’éducation A propos du Parlement, j’ai eu l’honneur de présider la Commission des Finances à l’Assemblée nationale, domaine jusqu’ici réservé à l’homme, non seulement dans notre pays mais partout dans le monde. Je me félicite donc de la confiance placée en moi par mon parti, par mes collègues à l’Assemblée nationale, confiance grâce à laquelle j’ai pu accomplir convenablement mes tâches en ce début de quatrième année parlementaire en matière de préparation de la loi des finances, de la loi rectificative et du budget réaménagé.
Je supervise ainsi à l’Assemblée nationale, pour la quatrième année, la mise en œuvre et l’adoption de la loi des Finances de la République. Je voudrais également ajouter, dans ce cadre, que l’évolution actuelle des questions liées à la participation de la femme est le fruit des efforts dont j’ai parlé plus haut sans oublier le rôle primordial du texte de loi instituant le quota de 20% des sièges électoraux
accordé aux femmes qui a permis la présence considérable des femmes au niveau des deux chambres du parlement. Je me dois aussi de me féliciter du rôle de mes collègues députées,
tout en soulignant que le quota n’est pas un cadeau politique mais plutôt une manière de faire participer la femme qui sans ce quota, ne sera pas suffisamment présente au parlement et ce malgré les observations émises par certains sur la nécessité pour la femme de prouver ses compétences et ses capacités à remplir sa mission de représentante du peuple pour assurer sa future réélection. Concernant les partis politiques, je dirai que sur plus de 70 formations, 4 seulement sont présidées par des femmes, ce qui traduit à la fois le désintéressement des femmes de la politique en Mauritanie. Il faut dire que la politique est restée longtemps une sphère réservée aux hommes malgré l’implication active des femmes dans les campagnes électorales et leur participation aux scrutins. Mais la femme contribue toujours à élire et est rarement élue, car elle préfère élire son frère, son oncle, son cousin ou tout autre candidat. Et ainsi, la question se confine en une mentalité discriminatoire et une non égalité de chances en matière de moyens au moment où, plusieurs femmes sont attachées à être élues.
Je souligne ici que nous avons également entamé des campagnes de sensibilisation en milieu rural sur la participation de la femme, mais celles-ci n’assistaient pas à ces réunions et je pense que le désintéressement de la femme à la politique et le refus des hommes d’être en compétition avec elles, est la source de leur faible représentativité au sein de la direction des partis politiques. Mais avec un soutien financier aux partis dirigés par des femmes ou à ceux qui présentent plus d’élues, on pourrait contribuer à la réduction de l’énorme écart (4 femmes chefs de partis sur plus de 70). Il y a également un domaine que j’aimerai soulever et qui porte sur la nécessité pour la femme de veiller à l’équilibre en matière de temps accordé à son travail et à son foyer afin de concilier une vie professionnelle réussie et une vie familiale aisée à travers son rôle de mère de famille. Car on exige toujours de la femme de réussir dans son travail et dans son foyer.
Je pourrai affirmer ici que la femme est présente à tous les postes de responsabilité grâce à la volonté politique des pouvoirs publics actuels et c’est là un modèle à suivre dans la sous région et même en Afrique et dans le monde arabe.
Les conditions actuelles sont favorables à sa participation. Les femmes occupent dans le gouvernement des postes jusqu’ici réservés exclusivement à l’homme. Aujourd’hui, elle est ministre des Affaires étrangères, ambassadeur, wali, hakem, etc. Tout ce qui reste actuellement est qu’elle prouve qu’elle est responsable et capables d’assumer les missions qui lui sont confiées pour revendiquer l’augmentation du quota qui lui est réservé et se présenter même aux élections présidentielles car, toutes les portes lui sont ouvertes.

Traduit réécrit et mis en forme par Yacoub Ould El Ghassem
Dernière modification : 23/11/2010 08:00:00

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