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Santé au Gorgol: Des actions à soutenir

Kaédi,  07/11/2010
Le développement d'un pays ou d'une wilaya repose, en grande partie, sur l'état de santé de sa population.
Au Gorgol, les structures de santé, sans le centre hospitalier de Kaédi, sont au nombre de 5 centres et 45 postes de santé où travaillent 5 médecins, 2 techniciens supérieurs, 23 infirmiers d'Etat, 43 infirmiers médico sociaux, 6 sages-femmes et 45 accoucheuses auxiliaires.
Dans le centre hospitalier de Kaédi exercent 9 médecins dont 4 généralistes, 7 techniciens supérieurs de santé, 4 infirmiers d'Etat, 5 sages-femmes et 14 infirmiers médico-sociaux.
Au cours du premier trimestre de l'année 2010, le centre hospitalier a enregistré 14708 consultations, 195 interventions chirurgicales, 482 accouchements et 47 évacuations sur Nouakchott.
Les autres structures de santé de la wilaya ont comptabilisé pour la même période 62070 consultations et un faible nombre d'accouchements.
Sur les activités de ces structures, le directeur régional de la santé au Gorgol, Dr. El Hadj Ould Idjeidbi annonce, dans une déclaration à l'AMI, une bonne couverture sanitaire qui s'explique, selon lui, par une augmentation de son taux qui passe de 72 PC en 2006 à 87 PC en 2010. Dr. El Hadj souligne, d'autre part, que le premier motif de Consultation est le paludisme suivi par les infections respiratoires aigues, les diarrhées et les parasitoses . Il remarque cependant, qu'il a été constaté ces derniers temps, que les consultations du paludisme ont reculé ainsi que celles des infections respiratoires.
Si un travail s'effectue dans ces structures, il ne se passe sans problèmes.
Au sommet des difficultés, le directeur régional évoque l'insuffisance du personnel qui est à l'origine de la fermeture de 5 postes de santé, la baisse de la couverture vaccinale, en dehors de la poliomyélite, qui n'est que de 24% par manque de moyens et en raison de rupture de stock.
¨Sans moyens financiers et une logistique, il n'est pas possible de faire une activité mobile particulièrement auprès des populations rurales souvent situées dans des localités enclavées¨ a_t_il dit.
Dr. El Hadj n'oublie pas également la carence de formation et de recyclage du personnel de santé pour le mettre au diapason des développements technologiques afin d'améliorer la qualité de ses services.
Le centre hospitalier n'est pas lui aussi épargné, son directeur, Dr. Abbe Ould Chmede assure que son établissement ne dispose pas de certains services vitaux comme celui de l'orthopédie dont le besoin se fait sentir dans une wilaya enclavée et ou les accidents sont nombreux. ¨Un chirurgien orthopédiste et un anesthésiste réanimateur, s'ils étaient au centre hospitalier, amélioreraient beaucoup son, panier¨ a -t-il dit. Dr Abbe note encore que son établissement, qui reçoit les patients du Gorgol, du Brakna, de l'Assaba, du Guidimaka et même de Matam au Sénégal, ne dispose que d'un seul chirurgien, d'un seul gynécologue, d'un pédiatre et pas d'ophtalmologue. ¨Aucun de ces médecins ne peut sortir en dehors des frontières de Kaédi et son absence réduit sensiblement s'il n'arrête le fonctionnement de son service¨a-t-il précisé avant d'ajouter en parlant des équipements: ¨Nous n'avons pas le minimum, juste avec quoi faire fonctionner le centre¨ L'alimentation de la banque de sang du centre est pour Ould Chmede le plus grand problème, parce que, d'après lui, les populations du Gorgol ne donnent pas le sang.
Même ceux qui accompagnent les malades ne sont pas disposés à donner leur sang pour sauver leurs patients¨a affirmé le directeur du centre avant de révéler que pour sauver des patients dans des situations critiques, le centre fait appel aux éléments des forces armées qui donnent volontiers leur sang. ¨ Au Gorgol, donner du sang est un grand problème qui doit trouver une solution sinon les malades continueront à mourir au centre alors qu'ils peuvent être sauvés¨ a souligné le directeur.
Les éléments du personnel de santé du Gorgol mènent des actions importantes dans des conditions difficiles mais cela ne doit que renforcer leur détermination à sauver des vies humaines au lieu de faire preuve d'indifférence face aux malades même en situation d'urgence que les visiteurs reprochent à certains d'entre eux.



Dernière modification : 07/11/2010 09:36:00