Nouakchott,  14/09/2010
Cinquante ans après l'indépendance, l'industrie mauritanienne cherche encore la voie afin de sortir de la stagnation et se hisser au diapason des pays émergents.
Nul doute que le pays n'a pas hérité de la période coloniale un semblant d'embryon d'industrialisation.
Malgré moult tentatives infructueuses d'industrialisation engagées en Mauritanie depuis l'aube de l'indépendance (société de sucre de Mauritanie-sosuma, Samia-plâtre, Socuma d'Akjoujt ect...), les autorités nationales ne baissent pas les bras et tentent, vaille que vaille à doter le pays de structures industrielles qui répondent le mieux à l'économie nationale.
Cette économie, en dépit de son potentiel, est peu diversifiée et essentiellement dépendante de trois secteurs : les exportations minières, indexées aux fluctuations du marché international, la pêche, contrainte à des impératifs biologiques, et l'agriculture, tributaire des aléas du climat.
Les états généraux de l'industrie, dont les travaux ont débuté ce mardi matin au Palais des congrès de Nouakchott, se veulent une réponse adéquate à la léthargie dont souffre l'économie nationale en matière d'industrialisation et ne manqueront pas de jeter des bases saines d'un développement harmonieux de l'industrie en Mauritanie, paramètre incontournable de lutte contre la pauvreté.
Les états généraux de l'industrie (EGI) ont pour objectifs, entre autres, d'étudier les voies et moyens de relancer les activités industrielles dans le pays afin de permettre à ce secteur de jouer pleinement le rôle qui lui est dévolu dans la valorisation des ressources nationales, la création de valeur ajoutée et d'emploi, la croissance économique, la lutte contre la pauvreté et l'intégration de l'économie au marché mondial.
Il est à rappeler que dans un pays comme le nôtre, à vocation désertique, où pour faire face aux besoins pressants de tous ordres, les pouvoirs publics ont mis fondamentalement l'accent, depuis l'accession à l'indépendance, sur les recettes de l'exploitation des ressources naturelles négligeant ainsi le secteur rural et la diversification de la base économique, la création et le développement des entreprises industrielles sont, non seulement une aventure passionnante mais aussi un défi de taille.
La politique industrielle recouvre des pratiques multiformes d'existence ancienne mais qui se sont développées et modifiées dans les dernières décennies. Elle correspond également à des interventions des pouvoirs publics sur les appareils productifs afin de renforcer le tissu industriel national.
Le processus d'industrialisation d'une économie obéit à une double dimension :
celle d'un processus de liaison, d'amont en aval, permettant une intégration technico-économique et la constitution d'un tissu industriel ainsi qu'un processus de restructuration socio-économique lié à des stratégies éventuellement conflictuelles d'acteurs (entreprises, travailleurs, Etat et consommateurs) s'appuyant sur des organisations industrielles et un environnement institutionnel.
La combinaison réussie de ces deux dimensions constitue une condition nécessaire pour un processus global de transformation impliquant une dimension culturelle, politique, sociale, démographique, écologique et économique.
C'est à ce panel de questions que les participants aux "états généraux de l'industrie" (administration, acteurs économiques, bailleurs de fonds et agents d'encadrement), réunis pour trois jours, s'attelleront à examiner l'ensemble des aspects du développement du secteur, à formuler des recommandations, à proposer des mesures et un plan d'actions prioritaires, faisant l'objet de consensus, pour la relance de l'industrie en Mauritanie.

Par Thiam Hamidou

Dernière modification : 14/09/2010 14:00:00